• Initié par Emmanuel Macron, ce rendez-vous international inédit doit rassembler les acteurs économiques et institutionnels du secteur les 9 et 10 septembre à Paris.
  • Des signatures de contrats sont attendues, tandis que les discussions entre ministres de l’espace devraient porter sur la place de l’Europe dans un secteur dominé par les États-Unis et la Chine.

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Le sommet international de l’espace réunira du 9 au 10 septembre au cœur de Paris le gratin mondial du secteur spatial. Pendant deux jours, sous la verrière du Grand Palais, acteurs publics et privés, représentants de la société civile et membres de la communauté scientifique échangeront autour de trois thématiques : la recherche scientifique et l’innovation, la sécurité et la défense, la régulation et la durabilité. Des signatures de contrats sont attendues, tandis que les discussions entre ministres de l’espace devraient porter sur la place de l’Europe dans un secteur dominé par les États-Unis et la Chine.

Il faut avoir un accès souverain à l’espace, avoir une vraie stratégie européenne

Thomas Pesquet

Selon l’Élysée, pas moins de 120 délégations étrangères ont répondu à l’appel du chef de l’État et de ses deux ambassadeurs, l’astronaute Thomas Pesquet (nouvelle fenêtre) et Hélène Huby, la patronne de The Exploration Company (nouvelle fenêtre), qui développe une capsule spatiale « made in Europe » destinée à transporter du fret vers les futures stations spatiales. « Nous devons réussir à être plus intégrés en tant qu’Européens », a martelé ce mardi sur TF1 (nouvelle fenêtre) Thomas Pesquet. 

« Durant très longtemps, nous nous en sommes remis à nos partenaires : nous avons décollé avec les Russes ou les Américains vers la station spatiale, c’est l’histoire de mes missions. C’est très bien, mais nous ne pouvons pas vraiment nous permettre de dépendre des autres. Il faut avoir un accès souverain à l’espace, avoir une vraie stratégie européenne », a plaidé l’astronaute français. 

Un échiquier où la compétition se durcit

Dans un contexte de concurrence internationale accrue, marqué par l’accélération des innovations technologiques et l’émergence de nouveaux acteurs, la maîtrise des capacités spatiales constitue un enjeu stratégique pour la souveraineté économique et technologique de l’Europe. Il s’agit pour les Européens de rattraper leur retard sur les investissements privés, sur un échiquier où la compétition s’est durcie. 

Ce rendez-vous international intervient au moment où Donald Trump a fixé l’objectif de 1.000 lancements par an d’ici 2030. Les deux poids lourds américains du secteur, SpaceX (Elon Musk) et Blue Origin (Jeff Bezos), ont annulé la semaine dernière leur participation (nouvelle fenêtre) au sommet, sur fond de rumeurs de pression de la Maison Blanche. En août dernier, l’entreprise chinoise LandSpace a réussi en août dernier à récupérer le premier étage du lanceur lourd Zhuque-3 comparable au Falcon 9 de SpaceX alors que l’Europe n’a pas encore testé de fusée réutilisable. 

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Avant le sommet, le patron de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a plaidé pour une nouvelle ambition, assurant que l’Europe pourrait développer des vols habités à « un coût raisonnable ». Jusqu’à présent, les vols habités n’étaient pas une priorité pour l’ESA qui s’est appuyée sur les États-Unis pour l’accès de ses astronautes à l’espace et pour une partie de ses ambitions d’exploration lunaire. Mais le désengagement américain dans certains programmes a poussé les Européens à s’interroger sur leur dépendance envers les États-Unis et leur propre rôle dans l’exploration de la Lune.