Publication Facebook de la ville de Roubaix.

À Roubaix, la colocation prend un sérieux coup de jeune… et quelques années de plus. Depuis la fin août, la Villa Nouvelle accueille ses premiers étudiants. Cet automne, des personnes âgées investiront à leur tour cette grande maison roubaisienne. Une même adresse, deux générations et une ambition : recréer, au quotidien, cet esprit de famille que les logements spécialisés ont parfois du mal à reproduire.

Une histoire de famille à l’origine du projet

Derrière la Villa Nouvelle, il y a d’abord une histoire personnelle. Sa fondatrice, Marine Destroye, cherchait une solution pour son père vieillissant, autonome mais ne nécessitant pas d’Ehpad. Elle imagine alors un habitat où les seniors pourraient conserver leur indépendance tout en retrouvant des relations humaines au quotidien.

En 2021, une première maison ouvre à Croix. Elle accueille aujourd’hui huit colocataires, accompagnés par des maîtresses de maison qui veillent au bien-être, aux repas, aux démarches et à la vie collective. Une formule à mi-chemin entre autonomie et présence rassurante, avec un mois d’essai pour permettre à chacun de trouver sa place.

À Roubaix, le pari de l’intergénérationnel

Pour sa deuxième maison, Marine Destroye voulait conserver cette ambiance familiale. Mais le bâtiment de la rue Colbert était trop grand pour accueillir uniquement des seniors. Avec l’appui d’un Dispositif local d’accompagnement, le projet évolue donc vers la cohabitation intergénérationnelle.

Cinq étudiants ont déjà intégré les lieux. Deux autres studios complètent l’ensemble. Ils viennent notamment de l’ESMOD, de l’ESAAT, du lycée Jean-Rostand ou encore d’une école d’infirmière.

Deux formules sont proposées : 490 euros par mois pour les étudiants qui consacrent 20 heures mensuelles à des temps de partage avec les seniors, ou 550 euros sans cet engagement.

Pas de programme imposé, mais des liens à créer

Ici, pas question d’organiser artificiellement la rencontre entre générations. Un café partagé, un repas, une course, une partie de jeu de société ou quelques minutes de conversation peuvent suffire.

L’objectif est double : offrir aux étudiants arrivant parfois de loin un cadre de vie sécurisant et chaleureux, tout en permettant aux seniors de rompre l’isolement sans renoncer à leur autonomie.

Inscrite dans l’économie sociale et solidaire, la Villa Nouvelle défend ainsi une autre manière de vieillir, fondée sur la proximité et le lien social. Pour les seniors, l’hébergement démarre à 2 300 euros par mois, avant les aides éventuellement mobilisables.

À Roubaix, le pari est simple : remettre du collectif là où l’âge, les études ou l’isolement ont tendance à séparer. Une maison, deux générations et une idée qui pourrait bien faire école.