L’ex-maire PS de Paris Anne Hidalgo, visée par une plainte dans le scandale du périscolaire, a dit ce mercredi 9 septembre se tenir « aux côtés de familles » de victimes et « regrette » de ne pas avoir participé aux réunions dans les écoles concernées, sans toutefois faire de mea culpa.
« Je suis aux côtés des familles des victimes, je partage leur douleur », a déclaré l’ancienne édile socialiste sur France Inter.
Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire visés par les plaintes d’une quinzaine de familles
« En tant que maire de Paris, savoir que malgré tous les process, tout ce qu’on a mis en place, tout ce qu’on a fait pour accompagner la parole des victimes, il y a eu des prédateurs qui sont passés entre les mailles d’un filet et agressé sexuellement des enfants, c’est une blessure et une douleur », a-t-elle ajouté.
Aux commandes de la capitale entre 2014 et 2026, Anne Hidalgo est visée par une plainte au pénal d’une quinzaine de familles qui dénoncent des violences sexuelles sur leurs enfants. Son successeur Emmanuel Grégoire, qui fut son adjoint, est également mis en cause.
« Les faits ne sont pas de qualification pénale », s’est défendue l’ex-maire, qui doit par ailleurs être auditionnée la semaine prochaine par une commission d’enquête sénatoriale.
« Les familles n’ont pas besoin d’une instrumentalisation de leur douleur, elles ont besoin de vérité », a-t-elle estimé, sans présenter d’excuses ni de mea culpa.
« On a regardé point par point ce qui a été fait, où sont les responsabilités (…). Les courriers j’y ai répondu, mais j’ai un regret qui est de ne pas avoir participé aux réunions » organisées dans les écoles à partir du printemps 2025, quand le scandale a éclaté.
« Ce manque, il est dû au fait qu’on était dans une phase où les informations remontaient, où on structurait la réponse de la Ville. On était aussi en pleine campagne des municipales qui était un moment complexe », a-t-elle affirmé.
Trois filtres pour les recrutements
En 2015, lorsque les premiers signalements sont remontés, l’Inspection générale de la Ville avait fait un rapport « à ma demande », a souligné Anne Hidalgo, jugeant « totalement faux » les allégations selon lesquelles les préconisations du rapport sont restées lettre morte.
« Dès 2015, j’ai obtenu du parquet que nous puissions accéder aux fichiers des délinquants sexuels », a-t-elle notamment plaidé.
« Il y avait trois filtres qui ont toujours été à ma connaissance mis en oeuvre pour les recrutements: les fichiers des délinquants sexuels, un fichier (du ministère, NDLR) de la Jeunesse et des Sports, la consultation des casiers judiciaires », a détaillé l’ex-maire, selon laquelle « la loi doit changer sur la prise en compte de la parole des enfants ».