• L’ancienne maire de Paris est en retrait de la vie politique depuis les municipales.
  • Elle est toutefois revenue ce mercredi sur le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire, une affaire dans laquelle elle est elle-même visée par une plainte.
  • Sans présenter d’excuses, elle a apporté son soutien aux familles des victimes, tout en rejetant toute responsabilité pénale personnelle.

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Scandale dans le périscolaire : l’onde de choc des violences sexuelles

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Discrète depuis son retrait de la vie politique en mars, après les municipales, Anne Hidalgo a pris à nouveau la parole. Invitée sur France Inter ce mercredi 9 septembre, l’ex-maire PS de Paris est revenue sur le scandale de pédocriminalité dans le périscolaire (nouvelle fenêtre), qui avait largement secoué la fin de son deuxième mandat. Visée personnellement par une plainte dans ce dossier (nouvelle fenêtre), elle a assuré se tenir « aux côtés des familles » de victimes et « regrette » de ne pas avoir participé aux réunions dans les écoles concernées, sans pour autant faire de mea culpa sur le traitement de ces affaires par sa municipalité.

« J’ai toujours été aux côtés des victimes, j’ai toujours pris (leur) parti », a déclaré l’ancienne édile socialiste (nouvelle fenêtre), assurant avoir « fait tout pour protéger (…) les plus vulnérables, et notamment les enfants » depuis sa première élection à la mairie de Paris en 2014. « Je suis aux côtés » des familles des victimes, « leur douleur est aussi la mienne », a-t-elle encore insisté. 

« Les faits ne sont pas de qualification pénale », se défend l’ex-maire

« En tant que maire de Paris, savoir que malgré tous les process, (…) tout ce qu’on a mis en place, pour prévenir, pour encadrer, pour accompagner cette parole des victimes, il y a eu des prédateurs qui sont (…) passés entre les mailles d’un filet et qui ont abîmé, attaqué, agressé sexuellement des enfants (nouvelle fenêtre), c’est une blessure et une douleur », a lancé Anne Hidalgo. Sans pour autant vouloir faire d’excuses ni de mea culpa. « Ce que les familles doivent avoir, ce n’est pas une instrumentalisation de leur douleur. (…) Elles ont besoin de vérité, et la justice va apporter cette vérité », a-t-elle évacué. 

Aux commandes de la capitale entre 2014 et 2026, l’ex-édile est visée par une plainte au pénal d’une quinzaine de familles (nouvelle fenêtre) qui dénoncent des violences sexuelles commises sur leurs enfants, dans le cadre périscolaire. Son successeur Emmanuel Grégoire, qui fut son adjoint, est également mis en cause. Ces familles demandent à la justice d’examiner ce que ces responsables savaient des dysfonctionnements dans le périscolaire parisien (nouvelle fenêtre), et leur absence d’action supposée pour y remédier.

Des accusations rejetées par l’ancienne maire, qui doit par ailleurs être auditionnée la semaine prochaine par une commission d’enquête sénatoriale. « Au pénal, il faut des faits. Et tous les faits posés contredisent cela », a-t-elle lancé sur France Inter, assurant encore que « les faits ne sont pas de qualification pénale ». 

« Trois filtres » appliqués pour les recrutements… mais des « trous »

Pour autant, Anne Hidalgo a concédé un « regret » : celui de ne pas être allée en personne à la rencontre de familles de victimes. Un « traitement au long cours » des signalements a été assuré « pendant dix ans », selon elle. Mais au moment où le scandale éclate au printemps 2025, avec de nouveaux cas dévoilés (nouvelle fenêtre), des réunions sont organisées par des collectifs dans les écoles et la maire ne s’y rend pas. « Mon regret, c’est de ne pas avoir participé à ces réunions », a-t-elle reconnu.

Un « manque » lié au fait que l' »on était dans une phase où les informations remontaient, où on structurait la réponse institutionnelle de la Ville », a-t-elle cherché à justifier. Mais aussi « en pleine campagne des municipales, un moment qui était complexe », a ajouté Anne Hidalgo. 

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Par ailleurs, elle a jugé « totalement faux » les allégations selon lesquelles les préconisations d’un rapport de l’Inspection générale de la Ville sur le sujet, qu’elle avait elle-même commandé en 2015, étaient restées lettres mortes. « Dès 2015, j’obtiens du parquet (…) que nous puissions accéder aux fichiers des délinquants sexuels », a-t-elle notamment plaidé. « Il y avait trois filtres qui ont toujours été, à ma connaissance, mis en œuvre pour les recrutements » des agents du périscolaire (nouvelle fenêtre), a-t-elle détaillé : « les fichiers des délinquants sexuels », un « fichier » du ministère de la Jeunesse et des Sports, « la consultation des casiers judiciaires ». 

Elle a malgré tout reconnu des « trous » dans ces contrôles, qui ont permis à des agresseurs sexuels de sévir. Anne Hidalgo a plus largement évoqué un « sujet de grande complexité qui ne touche pas que la Ville de Paris, mais la France entière », et estimé que « la loi doit vraiment changer sur la prise en compte de la parole des enfants », notamment via la loi intégrale actuellement en débat au Parlement. Elle a glissé à ce sujet « comprendre le sentiment d’abandon » qu’ont pu vivre les familles. 

M.L. avec AFP