Melike Pala
09 Septembre 2026•Mise à jour: 09 Septembre 2026
L’Union européenne a réaffirmé sa position selon laquelle les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont illégales au regard du droit international, estimant qu’elles constituent un obstacle à la paix et à la viabilité de la solution à deux États.
« Nous prenons note de l’annonce de huit États membres, aux côtés du Royaume-Uni, du Canada, de l’Islande et de la Norvège, concernant l’instauration de restrictions nationales sur le commerce avec les colonies illégales », a déclaré à Anadolu (AA), Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission européenne chargé des Affaires étrangères.
« La position de longue date de l’Union européenne est claire : les colonies sont illégales au regard du droit international. Elles constituent un obstacle à la paix et à la viabilité de la solution à deux États », a-t-il ajouté.
Selon le porte-parole, l’Union considère comme illégales les colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés après juin 1967.
« Les marchandises provenant des colonies israéliennes situées dans les territoires passés sous administration israélienne depuis juin 1967 ne peuvent bénéficier d’aucun traitement tarifaire préférentiel », a-t-il précisé.
Ses déclarations interviennent après que onze pays européens — la France, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Suède — ainsi que le Canada, ont annoncé leur intention d’imposer des restrictions nationales au commerce avec les colonies israéliennes.
Ces pays ont également indiqué qu’ils soutiendraient l’adoption de restrictions européennes en la matière.
Dans une déclaration commune, ils ont estimé que la situation en Cisjordanie occupée se « détériore rapidement », évoquant un niveau sans précédent de violences commises par les colons et la poursuite de l’expansion des colonies.
« Nous nous opposons fermement à toute action entraînant l’annexion de terres palestiniennes et le déplacement forcé des populations palestiniennes », ont-ils déclaré.
Les signataires ont appelé Israël à mettre immédiatement fin à l’expansion des colonies et à l’extension des pouvoirs de l’administration civile en Cisjordanie occupée.
Ils ont également réclamé que les colons responsables de violences rendent des comptes, ainsi que l’ouverture d’enquêtes sur les accusations visant les forces israéliennes.
Des appels croissants à agir au niveau européen
Les appels se multiplient en Europe pour que l’Union européenne aille au-delà des mesures visant les produits issus des colonies et adopte des dispositions plus larges dans ses relations commerciales avec Israël.
Plusieurs gouvernements européens, parlementaires et organisations de la société civile ont demandé à l’Union de suspendre ou de restreindre ses accords commerciaux avec Israël. Ils estiment que le bloc devrait utiliser le poids de cette relation économique pour agir contre l’expansion des colonies et le traitement réservé aux Palestiniens.
Ces appels concernent notamment l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, qui encadre leurs relations commerciales et accorde un traitement préférentiel à certains produits.
Les partisans de mesures renforcées demandent le réexamen ou la suspension de cet accord en réponse aux politiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés et au conflit dans son ensemble.
Toute mesure commerciale à l’échelle européenne nécessite toutefois l’accord des États membres. Leurs divergences ont jusqu’à présent compliqué l’adoption d’une position commune.
L’Union européenne n’a pas instauré d’interdiction générale des importations provenant des colonies israéliennes illégales. Elle exclut néanmoins ces produits des préférences commerciales prévues par l’accord d’association UE-Israël et continue d’examiner les possibilités de mesures commerciales plus larges.
*Traduit de l’anglais par Ben Amed Azize Zougmore