À entendre Édouard Philippe, c’est à lui de tendre la main à ses concurrents : Gabriel Attal et Bruno Retailleau. « Je suis pour l’instant le mieux placé dans les sondages. C’est à moi qu’il revient de prendre ma responsabilité, de dire ‘parlons nous’ » .

Le candidat à la présidentielle française propose donc une méthode : « Je prendrai une initiative qui invitera l’ensemble des responsables politiques, des chefs de partis et des candidats à se rencontrer au début du mois de novembre pour évoquer ce sur quoi, au fond, nous nous retrouvons ».

Une volonté de rassembler

Son objectif : assumer les convergences, plutôt qu’afficher les divergences entre les partis de François Bayrou à David Lisnard pour préparer la présidentielle mais aussi les législatives, car sinon son diagnostic est sans appel, face à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. « Sans rassemblement, il n’y aura pas de victoire pour personne », assène-t-il.

Gabriel Attal avait proposé avant l’été un comité de liaison entre les partis du bloc central, n’intégrant toutefois pas LR. Édouard Philippe essaie d’accélérer et d’élargir le mouvement pour enclencher une dynamique avec la création aussi de comités de soutien locaux sous l’intitulé « Avec Édouard ». Pas de mention d’Horizons, son parti dont il va quitter la présidence après les sénatoriales. Un gage de bonne foi dans son opération rassemblement, veulent croire ses lieutenants.

Pas de convergence pour le moment

Une bonne foi qui n’a pas convaincu Bruno Retailleau qui a immédiatement refusé l’invitation d’Edouard Philippe à venir construire le rassemblement avec lui à la Toussaint n’acceptant pas d’assister à cette « réunion pour les macronistes entre les macronistes». Gabriel Attal a lui botté en touche ce mercredi 9 septembre : « Avant cette question du rassemblement, l’enjeu c’est d’abord de parler aux Français de ce qu’on veut proposer pour eux et pour le pays (…) il faut qu’en 2026 on ait une vraie campagne », a déclaré le candidat Renaissance sur franceinfo. Gabriel Attal donne rendez vous début 2027.

David Lisnard, également candidat à la présidentielle, a comparé cette réunion à « un arrangement entre notables ». Le président du Modem François Bayrou n’a pas goûté non plus l’initiative, estimant « qu’aucun des candidats ne peut se prévaloir d’une légitimité suffisante pour convoquer de son propre chef les autres familles politiques ».

À lire aussiFrance: Édouard Philippe à l’offensive pour le rassemblement