Par
Paul De Roo
Publié le
9 sept. 2026 à 10h35
Eddie Goujit est à nouveau derrière les barreaux. Le jeune Toulonnais de 19 ans a été placé en détention provisoire le 20 août, après la révocation de son contrôle judiciaire. Il est soupçonné d’avoir commis de nouvelles escroqueries en Ardèche cet été, alors qu’il lui était notamment interdit de quitter le Var.
Une nouvelle incarcération qui vient s’ajouter à une affaire judiciaire déjà hors norme. Car avant de faire parler de lui pour ces nouveaux faits présumés, Eddie Goujit s’était fait connaître à Toulon en se présentant comme un responsable politique, en utilisant de fausses identités et en promettant notamment des financements qui n’existaient pas.
Une affaire dans laquelle il a été mis en examen pour faux et usage de faux, usurpation de titres, tentatives d’escroqueries, escroqueries et vols, pour des faits commis entre février 2023 et juillet 2025. Il reste présumé innocent.
Un jeune Toulonnais qui voulait faire de la politique
Né à La Seyne-sur-Mer, Eddie Goujit se fait d’abord connaître dans le milieu politique local. Il participe au Parlement régional de la jeunesse avant d’en être écarté lorsque son comportement commence à interroger, selon plusieurs témoignages rapportés par la presse.
Le jeune homme va ensuite vouloir se construire une carrière politique. Il lance son propre mouvement et annonce son intention de se présenter aux élections municipales à Toulon en 2026. Mais derrière cette ambition politique, les enquêteurs vont découvrir un autre visage.
À partir de 2023, Eddie Goujit est soupçonné d’avoir multiplié les fausses identités et les fausses fonctions pour convaincre ses interlocuteurs.
Il se serait notamment présenté comme un élu de la Région Sud, mais aussi comme un proche d’Emmanuel Macron ou de François Bayrou. Selon Var-Matin, il aurait également affirmé être le fils du sénateur LR du Var Michel Bonnus ou encore le petit-fils de l’ancien maire de Toulon Hubert Falco.
Un faux élu de la Région Sud
L’un des épisodes les plus spectaculaires remonte au début de l’année 2025. Eddie Goujit se présente alors comme un responsable chargé du soutien aux comités Miss et Mister de la Région Sud. Il assiste à un concours de beauté organisé par Bruno Solari et lui promet notamment un financement régional.
Lors de la soirée, il aurait remis à l’organisateur un faux chèque de 175 000 euros présenté comme une subvention de la Région, ainsi qu’une médaille censée être celle de l’Ordre national du Mérite.
Quelques jours plus tard, Bruno Solari comprend que tout est faux et porte plainte. D’après 20 minutes, la Région Sud affirme également avoir déposé plusieurs plaintes contre le jeune homme, notamment pour usurpation de fonctions, faux et usage de faux et escroquerie.
D’autres faits présumés sont évoqués dans le dossier : de faux partenariats, de fausses factures, des promesses de subventions à des associations, mais aussi des avantages obtenus auprès d’hôtels et de restaurants. Selon TF1, 19 victimes présumées avaient été identifiées dans le cadre de l’enquête initiale.
Il est arrêté après un passage dans un camping
L’histoire prend une nouvelle tournure à l’été 2025. Eddie Goujit travaille alors comme animateur saisonnier dans un camping en Ardèche, à Bourg-Saint-Andéol. Il aurait été recruté sans que son employeur ne connaisse les soupçons pesant déjà sur lui.
La directrice de l’établissement finit par le signaler aux forces de l’ordre. Selon son témoignage, il aurait notamment demandé de l’argent à des enfants dans le cadre de soirées organisées dans le camping, indique le Dauphiné Libéré.
Il est finalement interpellé en Ardèche le 11 août 2025, sur commission rogatoire d’un juge d’instruction toulonnais. Deux jours plus tard, il est mis en examen et placé en détention provisoire.
96 jours à la prison de La Farlède
Eddie Goujit passe alors 96 jours au centre pénitentiaire de La Farlède, dans le Var. En novembre 2025, il est remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Il lui est notamment interdit de quitter le département du Var, détaille Le Parisien.
À l’époque, son avocat, Me Aïckel Hachfi, expliquait que son client avait été profondément marqué par cette première incarcération.
Eddie Goujit prend lui-même la parole quelques jours plus tard dans les colonnes de nos confrères de Var-Matin. Il affirme avoir pris conscience de ses erreurs et vouloir les réparer. Mais moins d’un an plus tard, le jeune homme est à nouveau incarcéré.
Une nouvelle identité
Cet été, Eddie Goujit se trouve en Ardèche, alors que son contrôle judiciaire lui interdit de quitter le Var. Il se serait cette fois présenté sous le nom d’ »Alexandre de Bernard ».
Selon le témoignage d’un animateur de 24 ans au micro du Parisien, il lui aurait proposé un poste dans un complexe de campings qui devait, selon lui, ouvrir à Hyères. Le jeune homme aurait signé un contrat de travail et consacré du temps à recruter d’autres animateurs avant de découvrir que le projet n’existait pas.
Un autre jeune homme affirme avoir été recruté pour devenir responsable de l’animation, avec un salaire annoncé de 2 700 euros. Il aurait également été interrogé sur des informations personnelles, notamment ses codes bancaires et ses mots de passe, selon son témoignage rapporté par Var-Matin.
Au total, une dizaine de plaintes auraient été déposées dans ce nouveau volet de l’affaire. D’autres témoignages seraient également apparus après un appel lancé sur les réseaux sociaux.
Retour en détention
Eddie Goujit est finalement interpellé en Ardèche le 18 août 2026. Deux jours plus tard, son contrôle judiciaire est révoqué et il est placé en détention provisoire.
Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a confirmé cette nouvelle incarcération, intervenue « en exécution de la révocation de son contrôle judiciaire ».
Son avocat, Me Aïckel Hachfi, a été contacté dans le cadre de ce nouvel épisode. Il n’a pas souhaité s’exprimer.
L’instruction sur les faits initiaux se poursuit, tandis que les nouveaux soupçons font l’objet d’investigations. À ce stade, aucune date de procès n’a été communiquée.
Eddie Goujit reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.