Un objectif que Wout van Aert avait gardé pour lui

S’il n’a jamais annoncé d’autre ambition claire que remporter des étapes et préparer au mieux le Mondial de Montréal au cours de cette Vuelta 2026, le coureur d’Herentals s’est pris aux mêmes jeux qu’il y a deux ans. En grappillant des points pour le maillot vert sur différents sprints intermédiaires mais aussi en se faisant plaisir sur les sommets des différentes côtes répertoriées, même avant l’abandon de Tadej Pogacar.

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Un abandon qui a ouvert des perspectives. Pour Santiago Buitrago, d’abord. Le Colombien doit sauver une saison bien terne, après son abandon précoce au Giro. Il n’a pas encore réussi à lever les bras sur la Vuelta et le maillot à pois qu’il porte actuellement pourrait être un joli lot de consolation pour celui qui n’avait jamais disputé les classements annexes auparavant.

Mais Buitrago a un caillou dans la chaussure, et il se nomme Wout van Aert. Bien que notre compatriote n’ait pas les jambes de grimpeur qu’il avait notamment au Tour de France 2022, il a mis un point d’honneur à rester dans la course pour ce maillot de la montagne. Notamment en battant Buitrago au sprint lors d’une ascension de première catégorie lors de la 13e étape.

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L’intention est de plus en plus claire : prendre sa revanche sur 2024 et parachever l’œuvre qu’il avait entamée à l’époque.

Car rares sont les coureurs à avoir remporté le classement par points et celui de la montagne dans un même grand tour. S’il y parvient, Wout van Aert rejoindra Eddy Merckx, qui est le seul à l’avoir fait dans le Giro (en 1968) et le Tour (en 1969). À la Vuelta, trois coureurs ont réussi cet exploit : Tony Rominger (1993), Laurent Jalabert (1995) et le regretté José Maria Jimenez (2001). Une statistique qui doit motiver le vainqueur de Paris-Roubaix.

Mais avec 29 points de retard sur Santiago Buitrago, la tâche s’annonce complexe. Car cette Vuelta présente un profil étonnamment plat en troisième semaine. Si l’étape de vendredi distribuera 20 points et celle de samedi (l’étape reine, avec 5000 mètres de dénivelé positif) permettra d’en glaner 53 au maximum, toutes les autres seront dépourvues de difficultés.

Aucune côte répertoriée n’était proposée lors des deux étapes pour sprinteurs en ce début de semaine, pas plus que lors du contre-la-montre de ce jeudi. Et la quadruple ascension vers l’Alhambra de Grenade, dimanche, n’offrira pas le moindre point.

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Pour renverser Buitrago dans ce classement de la montagne, Van Aert devra donc prendre l’échappée en fin de semaine. Vendredi, les deux côtes de deuxième catégorie offriront 5, 3 et 1 points aux trois premiers qui les franchiront. L’arrivée au sommet de Penas Blancas Estepona (18,8km à 6,5 %) distribuera 10, 6, 4, 2 et 1 points aux cinq premiers. Mais il est bien plus probable de voir Santiago Buitrago y briller que Wout van Aert.

Sauf abandon de Buitrago, Van Aert n’a mathématiquement aucune chance de revêtir le maillot à pois avant samedi. L’étape reine proposera une ascension de 3e catégorie (3, 2 et 1 points), deux cols de première catégorie (10, 6, 4, 2 et 1 points) et l’ascension finale du Collado del Alguacil, longue de 8,4 kilomètres à 10 % de pente moyenne, classée hors catégorie (20, 15, 10, 6, 4, 2 points).

Pour que le leader de la Visma | Lease a bike réussisse le même exploit que Rominger, Jalabert et Jimenez, il faudra donc que Buitrago loupe l’échappée ce samedi. Et que Van Aert affiche un niveau en haute montagne qu’il n’a plus vraiment atteint depuis plusieurs années. Le tout après avoir travaillé pour Brennan en début de semaine et (probablement) fait le contre-la-montre de jeudi à fond, pendant que Santiago Buitrago compte ses cartouches.

Autant dire que la tâche s’annonce très difficile. Mais ne serait-ce pas le meilleur moyen de faire taire ceux qui prétendent que le Mondial de Montréal sera trop dur pour lui ?

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