Je me fais attaquer tous les soirs, je ne peux même pas profiter de la terrasse. Même arroser le potager devient un calvaire. Ce message, posté sur une page Facebook dédiée à l’actualité rezéenne, a suscité de nombreuses réactions. Depuis la reprise du travail, début septembre, le sujet moustiques alimente les discussions entre collègues. C’est infernal ! Ils arrivent même à entrer dans les fringues !, s’exclame une habitante de Saint-Sébastien-sur-Loire. Idem, rue des Déportés, mon salon de jardin n’a pas pris une ride, nous n’avons pas mangé dans le jardin depuis le mois d’avril !, ajoute cette autre.
En cause : la prolifération dans la métropole nantaise des moustiques tigre (1), aux piqûres souvent plus importantes et dont la particularité est d’attaquer même en journée. Une tendance démontrée par l’Agence régionale de santé (ARS). Dans certaines communes colonisées, la présence du moustique tigre peut atteindre des niveaux particulièrement élevés et générer une nuisance importante au quotidien, admet-elle. Les signalements transmis par les habitants témoignent parfois d’une nuisance importante au quotidien, avec des répercussions concrètes sur leur qualité de vie.
Depuis juillet, une augmentation des signalements
L’agence sanitaire indique avoir observé une augmentation des signalements de la part des habitants depuis la fin du mois de juillet. La canicule, notamment en juillet, a tué les moustiques… mais pas les larves, explique François Meurgey, entomologiste au Muséum d’histoire naturelle de Nantes. Les pluies tombées fin août ont fait éclore les œufs, d’où la prolifération de ces dernières semaines.
Dans cette pharmacie de Saint-Sébastien-sur-Loire – première commune d’implantation du moustique tigre de la métropole, en 2019 – la gérante assure n’avoir jamais vu ça. J’ai dû réaliser trois réassorts de répulsifs et autres lotions cet été alors que ça ne m’était jamais arrivé les années précédentes. Une gêne dont elle-même est victime. Samedi, j’ai passé ma journée de travail à me faire piquer les pieds !
Comme souvent, les mairies se sont bien souvent retrouvées en première ligne, avec des administrés demandant des comptes aux municipalités. Je veux bien que les maires soient comptables de tout, mais je ne fais pas une production de moustiques tigres !, s’exclame Rodolphe Amailland, maire (Nouvelle énergie) de Vertou et président de l’Association des maires de Loire-Atlantique. Sur son site internet, la ville de Vertou a rappelé, fin août, que 80 % des gîtes larvaires se trouvent chez les particuliers, contre 20 % dans l’espace public. Les particuliers sont invités à ne laisser traîner aucune eau stagnante dans leur jardin.
Bonne nouvelle toutefois : contrairement aux années passées, il n’y a eu, cet été, aucune action de pulvérisation menée par l’ARS dans la région. Ces opérations ne sont pas destinées à réduire la nuisance liée aux moustiques mais sont mises en œuvre pour prévenir un risque de transmission locale de maladies telles que la dengue, le chikungunya ou le Zika lorsqu’un cas humain est signalé dans une zone où le moustique tigre est implanté.
(1) Cet été, les communes de La Montagne et Thouaré-sur-Loire ont rejoint la liste des villes colonisées par les moustiques tigre, à savoir : Le Pellerin et Saint-Sébastien-sur-Loire (depuis 2019), Rezé (depuis 2021), Bouguenais et Nantes (depuis 2022), Basse-Goulaine, La Chapelle-sur-Erdre, Orvault et Vertou (depuis 2023), Les Sorinières, Sainte-Luce-sur-Loire et Saint-Herblain (depuis 2024) et Carquefou (depuis 2025).