La police et le Groupe interministériel de recherches (GIR) du Gard enquêtent notamment sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux en lien avec l’organisation de spectacles taurins dans le Gard. La juridiction spécialisée de Marseille est chargée de l’affaire.
L’enquête serait loin d’être close, « il reste encore des actes à réaliser », note laconiquement une source proche du dossier. L’affaire des soupçons d’anomalies financières dans la gestion des arènes de Nîmes est toujours en cours, a-t-on appris de source officielle ce mercredi 9 septembre.
Rapport de la chambre régionale des comptes
Les investigations se poursuivent et sont supervisées par la juridiction interrégionale de Marseille (Jirs) qui a pris le relais du parquet de Nîmes dans la conduite de ce dossier. L’affaire avait démarré par une enquête préliminaire consécutive à un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), rendu définitif le 6 mars 2025. Les conclusions des magistrats financiers avaient retenu des anomalies financières, notamment sur la fiscalité appliquée aux corridas, particulièrement le taux de TVA entre 2019 et 2023. Dans la foulée de ce rapport, une enquête préliminaire sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux était ouverte par le parquet de Nîmes.
Une saisie historique de 1,5 million d’euros
L’affaire connaissait un rebondissement après la feria de Pentecôte, le 10 juin 2025, avec une saisie historique de 1,5 million d’euros sur les comptes de l’organisateur des corridas dans les arènes de Nîmes. Deux jours après, le 12 juin, une audition qui s’est finalement transformée en garde à vue s’est déroulée au commissariat de Nîmes. « Je n’ai rien à me reprocher », affirmait, en amont de son interrogatoire, le directeur des arènes de Nîmes et président de Casas and Co. « Il s’agit vraiment de question juridico-administrative, sans qu’il n’ait été question d’enrichissement personnel de Monsieur Casas ou d’une quelconque infraction à la probité », avait ajouté Me Guillaume Barnier, l’avocat du directeur des arènes et titulaire d’une délégation de service public.
L’avocat en droit pénal des affaires avait largement nuancé les infractions reprochées et avait noté que son client les réfutait formellement. Il a également contesté le 15 octobre 2025 la saisie des 1,5 million d’euros devant la cour d’appel de Nîmes. Mais, fin octobre, la chambre de l’instruction a validé la saisie conservatoire du juge des libertés et de la détention (JLD) de Nîmes. Les investigations avaient continué à Marseille. Le pourvoi en Cassation sur la saisie des 1,5 millions d’euros serait toujours en attente d’examen ou d’admission.
Me Guillaume Barnier : « totale innocence de ses clients »
Pour sa part, la justice marseillaise avait confirmé être chargée de l’affaire le 12 septembre 2025 et que l’enquête portait « notamment » sur des faits « d’abus de biens sociaux et de blanchiment ». De source officielle, on apprenait cette semaine que les investigations se poursuivent dans la plus grande discrétion et aucune information n’a été révélée sur le périmètre exact du dossier. Selon nos informations, outre l’aspect fiscal du dossier (blanchiment de fraude fiscale), des mouvements financiers seraient au centre des interrogations. Interrogé ce mercredi, Me Guillaume Barnier réaffirme la « totale innocence de ses clients ».
Dans un registre différent à la précédente affaire, un avocat nîmois a confirmé anonymement avoir déposé une plainte pénale pour favoritisme s’agissant de l’attribution de la délégation de service public (DSP) des arènes pour l’organisation des corridas. Plusieurs plaignants seraient à l’origine de cette plainte qui aurait été déposée à Nîmes voilà plusieurs mois. Il n’est pas à exclure que ce dossier ait pu être transmis à la juridiction interrégionale de Marseille (Jirs) et joint à l’ensemble de la procédure. Interrogé sur cette plainte, Me Barnier a tenu à indiquer qu’il ne dispose pas d’éléments sur cet aspect, tout en rappelant que ses clients n’ont pas été sollicités sur cette dimension. Il a réitéré la détermination de ses clients à se rendre disponibles et répondre aux questions le cas échéant.
L’avocat a aussi rappelé que la justice a validé cette procédure. La délégation de service public avait été attaquée et le tribunal administratif de Nîmes avait effectivement validé l’attribution à l’actuel délégataire. « Le juge administratif est quand même spécialisé dans les procédures de marchés publics », observe Me Barnier.
Toute personne est présumée innocente tant que justice n’a pas été définitivement rendue.