Un effort de guerre du côté des ministres ? Alors que le gouvernement planche sur la préparation du budget 2027, Sébastien Lecornu envisage de réduire les indemnités des ministres et de leurs conseillers. Une mesure purement symbolique au vu du déficit de l’État, mais qui vise à afficher une « philosophie de justice », selon un proche du Premier ministre.

Pour retrouver la trace d’une telle décision en France, il faut remonter à août 2012. Dès son arrivée à l’Élysée, François Hollande avait baissé de 30 % la rémunération brute de l’exécutif. L’indemnité des ministres était passée de 14.200 euros à 9.940 euros. Aujourd’hui, un ministre de plein exercice perçoit une rémunération brute mensuelle de 10.700 euros. Alors avant un possible changement, comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ? Les ministres français sont-ils plus ou moins payés ? 20 Minutes fait le point en comparant dix autres pays européens.

Les champions de l’indemnité : la Suisse et l’Allemagne

Si vous cherchez les ministres les mieux lotis du continent, c’est du côté de Berne qu’il faut regarder. Et oui, sans surprise, la Suisse est championne des revenus. Un membre du Conseil fédéral perçoit un salaire annuel brut de 478.166 francs suisses (environ 500.000 euros), soit un peu plus de 41.000 euros par mois, selon le site de l’administration suisse. Un montant XXL qui s’explique notamment par le niveau de vie helvétique et le cumul unique des fonctions de chef d’État et de ministre.

L’Allemagne se montre également très généreuse avec ses dirigeants. Outre-Rhin, un ministre fédéral (Bundesminister) émarge à environ 17.990 euros brut par mois, selon la Fédération des contribuables allemands. Le Royaume-Uni n’est pas en reste : à partir d’avril 2026, un ministre britannique siégeant à la Chambre des communes cumule son « traitement » de député et son indemnité ministérielle pour atteindre une rémunération totale annuelle de 171.053 livres, soit environ 166.104 livres net (près de 16.000 euros par mois), selon PensionBee.

La Belgique, la Finlande et l’Italie au-dessus de la France

Au milieu du tableau, on retrouve la Belgique, où un ministre fédéral gagne environ 13.500 euros net par mois selon RTL Belgique, ainsi que la Finlande, qui accorde 11.344 euros brut par mois à ses ministres, d’après les informations de Duunitori.

La France se situe juste sous cette barre, au coude à coude avec l’Italie. De l’autre côté des Alpes, l’indemnité mensuelle brute s’élève à 9.203 euros sur 12 mois, à laquelle s’ajoute une indemnité journalière nette de 3.503 euros par mois pour couvrir leurs frais, selon Lexplain.

Mais la France reste bien lotie sur le vieux continent. En comparaison, certains pays pratiquent une rémunération bien plus basse notamment liée au niveau de vie des pays. En Espagne, par exemple, de l’autre côté des Pyrénées, un ministre gagne 79.415 euros brut par an, soit 6.617 euros par mois, selon les registres du Parlement. Ses voisins, les Portugais, touchent en moyenne 7.000 euros brut par mois.

Une baisse de l’indemnité des ministres aussi votée cette année en Hongrie

Du côté de la Pologne, la rémunération s’élève à 19.234 zlotys, soit approximativement 4.500 euros par mois, selon Gowork Pologne. Enfin, en Hongrie, à la suite du changement politique post-Viktor Orban et de l’arrivée de Péter Magyar, le Parlement a voté une réduction drastique des salaires ministériels de 1,5 à 2 millions de forints, ramenant la fiche de paie entre 3.800 et 5.000 euros par mois.

Si la baisse envisagée par Sébastien Lecornu venait à se concrétiser, la France pourrait se rapprocher davantage des standards espagnols et portugais, loin derrière les sommets suisses et allemands.