Si les températures retombent, les organisations d’enseignants et de parents d’élèves exigent des collectivités des mesures thermiques d’urgence après l’annulation des cours intervenue ce mardi.

Si les températures baissent, la polémique sur les lieux d’enseignements surchauffés ne retombe pas. Après l’annulation des cours intervenus dans plusieurs établissements ce mardi 8 septembre en raison des conditions insupportables, notamment au lycée Joffre, plusieurs organisations interpellent l’État et les collectivités locales sur ces difficultés, appelées à se répéter. « Nous exigeons des mesures immédiates (des fenêtres qui s’ouvrent, des climatiseurs, des brasseurs d’air, des rideaux thermiques…) et un calendrier de rénovation thermique de l’établissement » écrivent ainsi les représentants du SNES-FSU du lycée Joffre dans un courrier adressé au rectorat et à la Région.

« Fermer n’est plus une option viable »

« Nous prenons contact avec d’autres lycées car la situation se dégrade de toute part et nous ne sommes pas le seul établissement concerné » ajoutent-ils.

Dans un communiqué commun les fédérations de parents d’élèves du Gard et de l’Hérault réclament « la mise en place d’un plan d’urgence pour le bâti scolaire » afin d’assurer la sécurité physique des élèves et des enseignants. « Fermer les établissements ou annuler les cours à chaque coup de chaud n’est plus une option viable » indiquent-elles en élargissant les demandes à l’ensemble des collectivités, Région, Département et municipalités.

215 M€ fléchés par la Région

Mise en cause, par le SNES du lycée Joffre, la Région n’avait pas souhaité réagir ce mercredi soir. La collectivité renvoie à son document de rentrée et indique que des actions de renaturation et de désimperméabilisation des cours sont prévues dans une quinzaine de lycées.

Au cours des années 2024 et 2025, 52 projets similaires ont été conduits, pour un montant de 2 M€. 215 M€ sont fléchés sur la période 2021-2027 pour améliorer la performance énergétique des lycées.

Dans un autre courrier, la FCPE de l’Hérault et la FSU stigmatisent « les conditions de rentrée 2026 ». « Alors que les alertes avaient été lancées en juin aux différentes collectivités territoriales, nous ne pouvons que déplorer que rien de sérieux n’ait été fait pendant l’été et que les établissements soient restés aussi vulnérables » notent-elles. En mai dernier, le SNES-FSU avait alerté la Région, chargée de l’entretien de l’établissement, sur « l’état préoccupant des locaux » du lycée Joffre.

Avec la FCPE, l’organisation syndicale met également en cause l’État qui « n’a pas pris ses responsabilités et n’a pas pris l’ampleur des changements structurels nécessaires », un chantier d’investissement évalué à cinq milliards d’euros à l’échelle nationale.

En attendant, les organisations de parents d’élèves demandent « la tenue rapide d’une table ronde » avec l’ensemble des intervenants, dont l’Éducation nationale afin de « planifier ces travaux et établir un protocole clair concernant la gestion des cours et du sport en période de canicule ».