Après Paris, qui a arraché un peu plus tôt un match nul à Aalborg sur un ultime jet de 7 mètres, Nantes a décroché un succès fondamental face à Plock (26-25), dans les mêmes circonstances, avec un penalty converti par Noam Leopold.
C’est un premier soir de Ligue des champions peu ordinaire pour le handball français. Après Paris, parvenu à ramener un point d’Aalborg (33-33) sur un jet de 7 mètres à deux secondes de la fin quelques heures plus tôt, Nantes a connu plus grand bonheur encore, en l’emportant face à Plock (26-25) dans les mêmes circonstances, grâce à un ultime penalty converti sur le gong par son ailier suisse, Noam Leopold. C’est donc sur deux scenarii totalement dingues que les deux premiers représentants français ont ouvert la C1, en attendant la partie de Montpellier au Dinamo Bucarest ce jeudi (18 h 45). Et pourtant, pour Nantes, il a fallu en faire du chemin, après une entame de match totalement manquée.
En lançant cette phase préliminaire à domicile face à Plock, le H de Grégory Cojean, le plus vaillant représentant français en Ligue des champions ces deux dernières saisons, savait qu’il était clairement sous pression. Mais il ne s’attendait sûrement pas à bredouiller ainsi ses huit premières minutes de jeu en C1 cette saison. Quatre échecs au tir pour commencer, des largesses défensives comme des offrandes aux Polonais et Nantes était dans le dur de suite, cloué par un 0-5 brutal !
Cojean était contraint de poser le temps mort fissa, pour replacer et calmer son monde. Une bonne idée, car derrière, Ian Tarrafeta, le nouveau dépositaire du jeu nantais depuis le départ d’Aymeric Minne, ouvrait enfin les compteurs du H, après quasiment neuf minutes de jeu insuffisantes dans l’engagement.
PSG, Nantes et Montpellier à l’assaut de la nouvelle formule de la Ligue des champions
Le duel était enfin lancé. Nantes se montrait efficace sur la transition offensive et montait plus vite et plus haut en défense, même si cela ouvrait fatalement quelques voies au pivot polonais, Dawid Dawydzik (7 buts à 100 %). Mais, hurlant dans la cage, Christoffer Bonde (9 arrêts) s’offrait deux duels de suite et Tarrafeta (5/6 au tir à la mi-temps) propulsait même Nantes devant pour la première fois du match (11-10, 22e).
C’était désormais bien plus difficile en attaque pour Plock. Plein axe, Thibaud Briet et Matej Gaber étaient aux affaires défensives nantaises et la sortie durant un bon quart d’heure du talentueux mais boitillant demi-centre hongrois, Gergo Fazekas, n’aidait pas à remettre de l’ordre offensif dans le jeu polonais. Mais en face, le H ne rayonnait pas vraiment non plus offensivement et, comme on l’imaginait, ce choc du groupe B n’offrait guère de grandes envolées à la pause, avec 37 tirs seulement tentés et 11 balles perdues cumulées (11-11).
Tarrafeta omniprésent, Leopold sur le gong
Ça repartait sur des bases similaires en deuxième période, même si les Nantais tentaient de mettre un peu plus de rythme, en allant chercher les extérieurs notamment pour contourner une équipe polonaise réputée pour son efficacité défensive. C’était louable, sans être toujours gagnant. Heureusement, le H pouvait toujours compter sur la technique et les déplacements bien sentis de Tarrafeta (9 sur 10 au tir au final), qui continuait de porter l’attaque nantaise.
Sur la première réalisation de Nicolas Tournat, joliment servi par Ihor Turchenko, Nantes prenait même deux buts d’avance pour la première fois du match, puis trois sur un ballon vendangé par Plock et converti en contre-attaque par Noam Leopold (17-14, 38e).
La H Arena s’égosillait enfin. Le match demeurait un combat, Plock n’était pas loin, d’autant que Mitja Janc (6 buts) tenait maintenant plutôt bien les commandes. Mais avec la troisième exclusion du pivot défensif, Oriol Rey Morales, les Polonais perdaient un guerrier. En face, Nantes paraissait alors capable de faire la différence.
Pourtant, à dix minutes du terme d’une rencontre hérissée d’arrêts de jeu, rien n’était vraiment clair ni défini. Le finaliste de la Coupe de France 2026 gardait un mince matelas (22-20, 51e), malgré trois « mines » à plus de dix mètres du bras armé russe, Sergei Kosorotov. C’était tendu et pas banal, quand un des arbitres crampait au mollet, laissant son collègue seul à la direction du match pour les huit dernières minutes d’une rencontre que Plock ramenait à l’équilibre sur un but de son pivot, Dawydzik, joliment servi par un Melvyn Richardson discret (23-23, 55e).
Tout se jouait donc désormais sur un fil. La lucidité avait quitté la plupart des rangs. À 32 secondes de la fin et 25 partout, c’est Nantes qui avait le dernier ballon, celui de la gagne. Et à l’instar du PSG plus tôt dans la soirée, le H allait parfaitement jouer le dernier enclenchement, obligeant la défense polonaise à fauter… à une seconde de la sirène ! Sur la ligne des 7 mètres, l’ailier gauche suisse, Noam Leopold (6 buts), sanctionnait sans peur pour offrir à Nantes un succès peut-être déjà fondamental dans la course à la qualification pour le tour principal.
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L’Équipe – David Loriot