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REPORTAGE. Après 40 ans d’activité, le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé la fermeture du Marché Soleil et la condamnation à la prison ferme de Georges Dahan, fondateur de ce célèbre bazar. Contrefaçon, pot-de-vin, drogue et luttes politiques… Pourquoi l’Etat n’a-t-il rien vu avant ?
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Par Louise Vassal
Publié le 9 septembre 2026 à 23h00
6 min · lecture
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Le rideau de fer se tire désormais sur quarante années de tolérance et de laisser-aller. Le Marché du Soleil, une institution en plein cœur du 2e arrondissement de Marseille, s’arrête. Le tribunal correctionnel de Marseille a acté, lundi 7 septembre, la fermeture administrative de ce marché populaire, la « confiscation des parcelles » et la saisie des murs. Son créateur et directeur historique, Georges Dahan, est condamné à quatre ans de prison avec sursis et à des amendes colossales. Une sévérité qui vient ponctuer quatre décennies de prospérité pour ce gigantesque souk oriental, situé en plein cœur de Marseille, dans l’illégalité et le silence le plus total.
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Installé en 1989 dans les anciennes halles au grain, ce marché couvert, accueillait plusieurs milliers de clients chaque semaines, est situé à quelques pas de la gare Saint-Charles, entre la place de Strasbourg et la porte d’Aix. Ce n’est pas ici que vous trouverez des boucheries, fromageries et poissonneries, mais plutôt des étals de baskets, abayas et crêpes algériennes. Véritable souk oriental, on y trouve de tout, principalement de la contrefaçon, en quantité extraordinaire et à très bas coûts : bijouterie, maroquinerie, prêt-à-porter, cosmétiques, livres, jouets.
Plus de 200 000 contrefaçons saisis
À la tête de ce bazar de 3 600 m², Georges Dahan est le principal accusé pour « détention, production et vente en bande organisée de marchandise contrefaisante », « blanchiment » et « extorsion ». Âgé de 81 ans, il dirige le Marché du Soleil depuis quatre décennies, avec les membres de sa famille. Le chiffre d’affaires de ce temple de la contrefaçon s’élève à « 1,5 million d’euros par an », selon la procureure Anne-Sophie Larrouy. Des revenus qui ont permis à cette famille d’origine juive marocaine de s’enrichir dans l’ombre, leur permettant notamment, via des sociétés écrans, d’effectuer des achats immobiliers en Israël.
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