Publié le
10 sept. 2026 à 6h04
Entre le 6 et le 10 juillet 2026, les équipes du Contrôleur général des lieux de privation de liberté ont visité les hôpitaux de Paris et sa petite couronne. En ligne de mire : les conditions de prise en charge des patients nécessitant des soins psychiatriques dans les services d’urgence. Ce qui ressort de ces inspections est implacable. actu Paris vous résume le rapport transmis aux ministres de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice et laissé jusqu’ici sans réponse. L’ensemble des recommandations adressé par le CGLPL a été publié au Journal officiel ce jeudi 10 septembre 2026.
Une situation qui ne cesse de s’aggraver
Un patient qui attend neuf jours une prise en charge pour un trouble complexe du neurodéveloppement, d’autres qui vont jusqu’à renoncer aux soins nécessaires tant les conditions d’attente sont indignes… Les cas relevés par le CGLPL sont extrêmes.
Des équipes du CGLPL ont réalisé une visite thématique des services d’accueil des urgences (SAU) des hôpitaux Cochin, Robert-Debré, Necker-Enfants malades, Pitié-Salpêtrière, européen-Georges-Pompidou, Saint-Antoine, Armand-Trousseau de Paris, Antoine-Béclère de Clamart, Delafontaine de Saint-Denis, Henri-Mondor et intercommunal de Créteil, Bicêtre du Kremlin-Bicêtre et du centre psychiatrique d’orientation et d’accueil du groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie & neurosciences.
Après une première alerte en décembre 2024 sur les défauts du schéma organisationnel de l’offre de soins et l’ampleur des fermetures de lits de psychiatrie, « restée largement sans suite », la situation n’a cessé de s’aggraver.
Entre 2025 et 2026, le nombre de patients a augmenté, passant de 3 002 à 3 957. Idem pour la durée moyenne d’attente qui s’est allongée et qui est passée de 29,45 heures en moyenne à 39,45 heures.
Des soins sans consentement qui doivent cesser immédiatement
Retards et refus d’acheminement par les transporteurs sanitaires, postes médicaux et infirmiers vacants et présence de certains psychiatres uniquement en journée la semaine entraînent inéluctablement des ruptures de prise en charge.
« Le dispositif d’appui régional de régulation mise en œuvre pour garantir l’accès aux soins psychiatrique et pédopsychiatrique est inefficace », tranchent les auteurs du rapport. Pour ces derniers, « des solutions organisationnelles, bâtimentaires, capacitaires et de ressources humaines […] doivent être mises en œuvre très rapidement ».
Le CGLPL alerte sur des situations de rétention arbitraire dans le cadre de soins sans consentement qui doivent « immédiatement cesser » et dénonce « le manque d’information relative à d’éventuelles voies de recours » pour les patients.
Par ailleurs, le rapport dévoile l’usage de mesures d’isolement et de contention sans cadre légal ni contrôle juridictionnel. Boxe d’isolement dont la porte est dépourvue de poignée, kits de contention, traitement sédatif associé sous forme d’injection intramusculaire forcée. À cela, l’institution recommande d’user des alternatives permettant de prévenir le recours à toute mesure coercitive afin de proscrire l’isolement et la contention.
Enfin, les patients mineurs âgés de 16 à 18 ans ne sont pas épargnés par ce système défaillant. « Exceptionnellement évalués et suivis par un pédopsychiatre », « soumis à des pratiques de contention », ils sont « difficilement orientés vers des unités de pédopsychiatrie souvent saturés ».
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