Inspirée par la maternité et ses métamorphoses, la Danoise continue d’entretenir son mystère empreint de mystique.

Agnes Obel n’a jamais été une adepte de l’austérité, mais on aurait pu penser le contraire en se fiant à ses pochettes précédentes où elle posait l’air grave, cheveux blonds tirés et long cou de cygne entravé dans des cols montants.

Dans un communiqué, la diva scandinave nous apprend qu’elle a donné naissance à une petite fille depuis le chapitre précédent paru juste avant la pandémie (Myopia, en 2020) et que cette grossesse l’a transformée en lui faisant découvrir “un étrange sentiment d’interconnexion avec tout ce qui est vivant”.

Des rythmiques vives et des cuivres lancinants

Sur le cinquième album qu’elle a façonné ces derniers temps, son songwriting ne s’éloigne pas radicalement de ce qu’elle a fait avant : des ritournelles à la douce mélancolie, fragiles mais puissantes, spectrales mais accueillantes, entretenues par un piano classieux, une harpe gracile, des cordes cinématographiques et une voix qui atteint parfois le mystique.

L’insaisissable chanteuse et compositrice a la bonne idée de pervertir ce timbre si élégant en le distordant parfois vers un grave abyssal ou au contraire en le pitchant vers des aigus juvéniles. Elle sème parfois la zizanie dans son petit monde autarcique en introduisant des rythmiques vives, juste effleurées du bout des doigts, et des cuivres lancinants. Il n’est pas donné à tout le monde de créer la volupté par l’épure, d’atteindre la voie lactée par le minimalisme.

The Meaning of Flowers (Deutsche Grammophon/Decca Records/Universal). Sortie le 18 septembre.