Quand on pense à
la retraite au soleil
, le Portugal vient souvent en tête.
Pourtant, en matière de générosité des pensions, c’est
son voisin espagnol
qui décroche la première place du
classement établi par l’OCDE. Avec un taux de remplacement brut de
80,4 %, l’Espagne s’impose comme le pays le plus généreux pour les
futurs retraités. Concrètement, un salarié espagnol au revenu moyen
conserve plus de 80 % de son dernier salaire une fois en retraite.
Il devance ainsi la Grèce (79,6 %) et le Luxembourg (75,6 %), qui
complètent ce podium européen particulièrement protecteur pour les
anciens actifs.

L’Europe du Sud domine le classement

L’Europe du Sud domine largement ce
palmarès mondial. Outre l’Espagne et la Grèce, d’autres
nations méditerranéennes
s’illustrent en haut du classement, à
l’image du Portugal (72,4 %) ou de l’Italie (70,6 %). D’autres pays
européens tirent également leur épingle du jeu, comme les Pays-Bas
(74,7 %), l’Autriche (74,1 %) ou le Danemark (72,7 %). Tous
dépassent très nettement la moyenne fixée par l’OCDE à 52 %. Ces
États s’appuient sur des systèmes de retraite très contributifs et
principalement publics, assurant à leurs citoyens un niveau de vie
très proche de celui qu’ils avaient durant leur carrière
active.

Et la France dans tout ça ? L’Hexagone se
situe légèrement au-dessus de la moyenne internationale avec un
taux de remplacement brut de 56,6 %. Cela permet aux salariés
français de percevoir un peu plus de la moitié de leur ancienne
rémunération au moment du départ. Notre pays devance la Hongrie
(51,9 %) ou la Norvège (46,1 %), mais reste distancé par d’autres
voisins européens comme la Suède (63,7 %) ou la Finlande (57,8 %).
Ce niveau intermédiaire reflète les équilibres du modèle français,
qui garantit un socle solide sans atteindre la couverture
exceptionnelle observée chez les leaders du sud de l’Europe.

Des écarts
importants selon les pays

La richesse économique d’une nation ne
garantit pas la générosité de son système de répartition. Plusieurs
puissances majeures affichent des pourcentages étonnamment bas,
bien en dessous de la France. C’est le cas du Royaume-Uni (44,7 %),
de la Belgique (43,5 %), de la Suisse (42,4 %) ou de l’Allemagne
(42,1 %). Hors d’Europe, les États-Unis tombent à 39,7 %, dépassés
par l’Australie (40,8 %) et suivis de près par le Canada (37,1 %).
À l’inverse, des économies émergentes comme la Colombie (74,8 %),
le Mexique (69,6 %) ou la Turquie (69,1 %) proposent une couverture
publique initiale très élevée.

En bas de tableau, les écarts deviennent
abyssaux avec la tête du classement. La Lituanie ferme la marche
mondiale avec seulement 17,4 % de taux de remplacement brut,
précédée par l’Irlande (24,3 %), la Pologne (28,6 %) et l’Estonie
(29,3 %). Des pays très développés à la population vieillissante
figurent aussi dans cette zone rouge, comme la Corée du Sud (33,4
%) ou le Japon (36,5 %). Rappelons toutefois que ces données
mesurent la pension publique obligatoire brute. Elles n’intègrent
pas l’épargne individuelle privée ni les mécanismes de
capitalisation, qui viennent parfois compenser ces faibles
pourcentages.