Anne Hidalgo, maire de Paris de 2014 à 2026, est entendue ce mardi 15 septembre dans le cadre des violences commises dans le périscolaire.

Anne Hidalgo, maire de Paris de 2014 à 2026, est entendue ce mardi 15 septembre dans le cadre des violences commises dans le périscolaire.

« C’est une douleur et une blessure de voir que des enfants ont été victimes de prédateurs sexuels alors que leurs parents nous les avaient confiés », a assuré, dans son propos introductif, Anne Hidalgo, entendue au Sénat ce mardi 15 septembre par la commission de la Culture et de l’Éducation sur les violences dans le périscolaire.

L’ancienne maire socialiste de Paris a reconnu des dysfonctionnements et un « échec collectif ». « Malgré les actes posés et la conscience réelle des abus sexuels dont sont victimes les enfants de notre pays, nos institutions ont failli », a-t-elle assuré devant les sénateurs, sans jamais faire de mea culpa quant à son rôle dans ces défaillances. « Ma main n’a pas tremblé », a même affirmé celle qui a rappelé avoir écarté des adjoints visés par des accusations de violences. Une référence aux départs en 2021 et 2021 de Christophe Girard et Pierre Aidenbaum.

Anne Hidalgo est aussi revenue en détail sur les mesures prises pendant son mandat en faveur de la petite enfance, notamment via la signature, en octobre 2015, « d’un protocole entre la Ville de Paris et le parquet afin d’organiser la transmission des informations et la réponse aux signalements adressés par la ville ».

« Mon administration n’a pas suivi ma consigne »

Rebondissant sur le sujet des signalements, la sénatrice LR Agnès Evren, rapporteure de la Commission, l’a questionnée sur la modification du protocole voulue par l’article 40 du code de procédure pénale. Un texte de loi qui prévoit « que toute autorité constituée, officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs », détaille le gouvernement sur son site.

La direction des Affaires juridiques de la ville de Paris aurait décidé que lorsqu’une enquête était en cours, il n’était pas nécessaire de faire un signalement supplémentaire par l’article 40. « Sans validation politique par moi-même ou mon cabinet, ils ont modifié la doctrine. J’ai demandé immédiatement qu’on revienne au process que j’avais mis en place. Mon administration n’a pas suivi ma consigne et c’est plus que fâcheux », s’est dédouanée Anne Hidalgo.

Elle a tout de même exprimé un « regret » : celui de ne pas avoir rencontré les familles de victimes. « Il n’y a pas d’excuses », a-t-elle admis.

Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire prochains auditionnés

Celle qui a été maire de Paris de 2014 à 2026 a également évoqué la complexité de l’organisation de la capitale française, divisée en 17 arrondissements (les quatre centraux n’en forment plus qu’un depuis 2020, NDLR), sept caisses des écoles et dix circonscriptions scolaires et son rôle de « garde-fou » pour « empêcher que des prédateurs ne viennent attaquer des enfants. »

Anne Hidalgo a aussi pointé du doigt un « manque évident dans l’interaction entre les institutions. Il y a un sujet sur les violences sexuelles commises contre les enfants. Les institutions doivent travailler ensemble ».

Après l’ex-maire de Paris, c’est son ancien premier adjoint, longtemps en charge de l’Éducation, Patrick Bloche qui sera auditionné. Son successeur, Emmanuel Grégoire, sera quant à lui entendu par les sénateurs mercredi 16 septembre.

Depuis le début de l’année, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Sur le volet pénal, plus de 200 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements.