En langage familier, on appelle cela « se prendre un vent ». Pour la visite du Pape en France, du 25 au 28 septembre prochains, Emmanuel Macron avait prévu de sortir le grand jeu au souverain pontife, qui a calmé les ardeurs du président de la République, selon des informations révélées par nos confrères de La Croix.

Visite conjointe de Notre-Dame, accueil militaire avec la Garde républicaine et même remise de la grand-croix de la Légion d’honneur… Il semble qu’Emmanuel Macron avait imaginé la venue de Léon XIV sous le signe des plus grandes réceptions diplomatiques. Des velléités recalées poliment par le pape et qui révèlent quelques fritures sur la ligne Elysée-Vatican.

Toutes les propositions de l’Elysée déclinées

Entre Paris, Saint-Denis, Metz et Lourdes, le programme du pape est déjà bien fourni. Outre la grande prière organisée avec 80.000 jeunes au Stade de France, le pape doit, entre autres, déambuler dans les rues de Paris, visiter le siège de l’Unesco, diriger plusieurs grandes messes, et rencontrer des religieux et des victimes de violences sexuelles dans l’Église.

À tout cela, le chef de l’Etat voulait ajouter une réception par la Garde républicaine avec tambours et trompettes, une remise de la grand-croix de la Légion d’honneur et un dîner ou un déjeuner d’État. Surtout, Emmanuel Macron aurait souhaité faire visiter Notre-Dame de Paris au Saint-Père, agrémenté d’une rencontre avec les artisans. Toutes ces demandes ont été déclinées par l’intéressé.

L’Elysée « demandait quelque chose qui appartient à un autre voyage »

Plusieurs hypothèses circulent sur les raisons de ces refus. Selon La Croix, les rumeurs à Rome avancent des motifs politiques avec, notamment, la loi sur la fin de vie, soutenue par le président contre la position de l’Église, et la crainte d’un remake de la cérémonie de réouverture de la cathédrale en 2024 jugée trop « élyséenne ». Les explications officielles sont plus simples : le pape a un programme très chargé et veut se concentrer sur les fidèles. « Le président ne demandait rien d’exorbitant, mais il demandait quelque chose qui appartient à un autre voyage », explique une source vaticane citée par le journal.

Pour le Vatican, les déplacements du pape servent d’abord à rencontrer les églises et les catholiques sur place et le pape vient en France pour un voyage apostolique et non un déplacement diplomatique. Pas de contentieux donc, le Vatican ayant même salué « l’engagement réel » d’Emmanuel Macron dans l’organisation de cette visite.

Si on ne sait pas encore s’il assistera aux célébrations religieuses, Emmanuel Macron tente tout de même d’avoir son moment puisque, selon des informations du Point, l’Élysée a convié « tous les chefs d’État de l’Union européenne pour assister au discours du pape Léon XIV à Metz, au centre des congrès Robert Schuman, le lundi 28 septembre ». De plus, le président de la République devrait être présent le dernier jour pour raccompagner le souverain pontife à son avion.