L'Ille-et-Vilaine toujours en crise sécheresse

L’Ille-et-Vilaine toujours en crise sécheresse

Crédit : Noëlline Garon

Toujours pas de pluie ou pas assez sur les radars de Météo-France. La sécheresse est encore bien présente en Bretagne. En Ille-et-Vilaine, le département reste en crise et applique des mesures de restrictions de l’eau. Pas d’arrosage des potagers en journée et les habitants doivent aussi réduire leur consommation.

 

« On est à 75 jours de manquer d’eau… »

 

« Aujourd’hui, on est dans une situation compliquée. On a des niveaux d’eau dans les barrages qui sont très bas. On est sur un historique de précipitations entre le mois de mars et le mois d’août, qui est la deuxième année la plus sèche depuis 1950. Ce qui se traduit aujourd’hui par un risque de vidange des barrages pour la fin du mois de novembre. On est à 75 jours de manquer d’eau… on risque donc de manquer d’eau, effectivement, pour la fin de l’année, si on est dans la continuité avec très peu ou pas du tout de précipitations », détaille Franck-Olivier Henry, directeur d’Eau du pays de Saint-Malo

A ce jour, le pays de Saint-Malo importe de l’eau des Côtes-d’Armor, mais ce département est aussi touché par la sécheresse.

Franck-Olivier Henry

Crédit : Noëlline Garon

Les habitants n’ont pas conscience de la situation

 

La situation risque de perdurer encore… Selon Temps Breton, « il ne devrait pas y avoir de précipitations notables ces trois prochaines semaines sur notre territoire ».

Alors que ce sont les particuliers qui pèsent le plus dans la consommation globale, il n’y a pas de réel prise de conscience de l’enjeu. « On n’observe pas d’évolution significative des consommations malgré toutes les communications faites. Cela veut dire qu’il faut être vigilant. Les deux postes principaux de consommation sur un foyer sont les douches et les chasses d’eau.

Sur les douches, il faut se limiter à des douches très courtes, idéalement deux minutes et sur les chasses d’eau, il faut déjà s’assurer qu’il n’y a pas de fuite sur le réseau. On peut aussi avoir des flotteurs qui permettent de limiter autour de 3 litres chaque chasse d’eau. L’idéal serait d’être autour de 40 litres par jour par habitant, ce qui correspond à 15m3 par an et par habitant », rappelle Franck-Olivier Henry. 

Des cumuls de pluie équivalents à Saint-Malo et Nîmes

 

L’image d’une Bretagne où il pleut souvent est à relativiser. « Il y a un gros facteur aggravant chez nous, c’est qu’on a des sols imperméables. Quand l’eau coule, elle part directement à la mer. C’est pour ça qu’on la stocke dans des barrages.On a des précipitations qui sont très variées sur la région, c’est-à-dire qu’on a quasiment deux fois moins d’eau à Saint-Malo qu’à Brest.

Et à Saint-Malo, si on compare les cumuls annuels de précipitations, c’est comparable à ce qui tombe à Nîmes. Donc cela casse un peu l’image de l’eau présente en Bretagne … Si vous n’avez plus d’eau chez vous, si on prend uniquement l’exemple des toilettes, ça veut dire que vous ne pouvez plus tirer la chasse. On se retrouve dans une situation qui peut être vite difficile et qui peut aussi avoir des conséquences sanitaires importantes », poursuit Franck-Olivier Henry. 

 

La situation reste sous haute surveillance dans le pays de Saint-Malo. Et en attendant le retour des pluies, les autorités appellent chacun à réduire sa consommation d’eau et à adopter des gestes simples au quotidien. Car même si la situation peut encore évoluer avec les prochaines précipitations, la sécheresse rappelle que la ressource en eau reste fragile, y compris en Bretagne.