Bis repetita. Le 16 septembre, le département d’État américain a annoncé qu’il n’octroierait pas de visa aux responsables de l’Autorité palestinienne, dont son président Mahmoud Abbas, avant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), dont les travaux ont débuté à New York le 8 septembre. L’administration Trump avait pris une décision similaire l’année dernière.
Washington reproche à l’Autorité palestinienne et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) leur « incapacité à mener à bien les réformes, contrairement aux engagements pris envers les États-Unis, et leurs activités persistantes qui compromettent les perspectives de paix ».
Le département d’État cible leurs « actions » visant à « internationaliser le conflit israélo-palestinien », notamment via la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ), les accuse de « chercher à contourner les négociations en sollicitant une reconnaissance unilatérale » et leur reproche de « continuer à verser des allocations à des terroristes et à glorifier les actes de terrorisme et les terroristes dans des déclarations publiques et les manuels scolaires ».
Cette décision, souligne le quotidien palestinien Al-Quds, intervient alors que « le soutien international à une solution à deux États s’accroît », notamment face à l' »escalade de la violence en Cisjordanie occupée », qui a accentué la pression de la communauté internationale en faveur d’une « perspective politique pour sortir de l’impasse actuelle ».
« Décision injustifiée »
L’Autorité palestinienne a dénoncé une « décision injustifiée », mettant en avant « les réformes de fond » mises en œuvre. Ces « mesures punitives […] ne contribuent ni à la promotion de la paix ni à la lutte contre la violence » et encouragent ceux qui veulent « imposer par la force une réalité d’occupation, de colonisation et d’annexion », estime le ministère des Affaires étrangères palestinien.
Pour des responsables palestiniens interrogés par Al-Quds, le recours aux institutions juridiques internationales est une « réaction naturelle à l’échec de décennies de négociations qui n’ont ni mis fin à l’occupation ni freiné l’expansion des colonies ». Ils ajoutent que Washington n’a pris « aucune mesure concrète pour protéger les droits du peuple palestinien ».