Par
Farah Sadallah
Publié le
17 sept. 2026 à 17h30
Elles sont huit femmes, âgées entre 19 et 40 ans, à avoir commencé, début septembre 2026, le programme de réinsertion de l’association Les Simones, dans leur atelier-boutique, situé sur l’île de Nantes (Loire-Atlantique). Dans le cadre de leur programme de dynamisation et de remobilisation, Anouk Mercier et Elisa Peterlin leur permettent d’acquérir des compétences, d’avoir un suivi individuel pour prendre confiance en elles et de découvrir le territoire.
Une boutique de réemploi et de couture pour aider les femmes
« Nous sommes des femmes qui connaissons des situations compliquées et ça nous aide à sortir de notre quotidien », témoigne l’une d’elles, Zanaky. En plus des ateliers pour les femmes, le lieu, qui a remplacé l’ancienne boutique de troc, La Troquerie, sera ouvert au public à partir du 6 octobre, pour vendre des produits de mercerie, des tissus de seconde main, ou encore des coupons au mètre ou au poids.
Ce nouveau commerce de proximité sera géré par ces femmes, en réinsertion pendant six mois. Celles-ci sont principalement envoyées par les structures d’hébergement, sociales et d’urgence, les centres communaux d’action sociale (CCAS) ou Cap jeune (un service socio-éducatif et d’insertion dédié aux jeunes de 16 à 25 ans).
« On va apprendre plein de choses, la vente, la relation avec le client. Pour certaines, elles vont travailler sur leur timidité », poursuit Zanaky, très enjouée à l’idée de commencer. En parallèle, des cours de couture pour tout public sont donnés tous les mercredis soirs.

Pendant leur apprentissage de la couture, les femmes du programme de réinsertion vont apprendre à se faire des vêtements. Une manière d’accepter leur corps et de prendre confiance en elle, selon Anouk Mercier, la coordinatrice de l’action. ©Farah Sadallah12,6 millions de tonnes de déchets textiles
Les Simones existent depuis juillet 2024. Auparavant, Anouk et Elisa intervenaient auprès de Cap jeune pour venir en aide aux femmes en errance, grâce à des ateliers de dynamisation autour de la couture.
On a alors découvert tous les bienfaits que cela pouvait apporter. Mais malheureusement, on a dû arrêter, il y a deux ans. C’est pourquoi on a remonté une association à nous.
Anouk Mercier, coordinatrice de l’action.
Au départ sans local, Anouk et Elisa ont lancé leur premier programme de remobilisation en novembre 2025. Puis, dans le cadre de son offre immobilière dédiée aux industries culturelles et créatives (ICC), la Samoa, la société qui définit la stratégie globale d’aménagement de l’île de Nantes, a accompagné et accueilli l’association dans cet atelier-boutique. Cette implantation est prévue pour 3 ans, selon la société publique mandatée par Nantes Métropole.
« On est parti sur une boutique de réemploi de textiles, car on s’est rendu compte que cela représentait énormément de déchets sur la planète », rapporte Anouk. Selon le Parlement européen, 12,6 millions de tonnes de déchets textiles sont générés chaque année dans l’Union européenne. À l’échelle mondiale, moins de 1 % de tous les textiles sont recyclés en nouveaux produits.
Des moments conviviaux et de la médiation numérique
En attendant l’ouverture de la boutique de réemploi, les femmes plient les tissus et remplissent les étagères, du sol au plafond. « Ce ne sont que des dons », précise Anouk. Elles travaillent aussi sur le lien social. « Elles apprennent à retrouver un rythme, à travailler sur leurs freins, pour aller vers l’insertion professionnelle et sociale », explique la coordinatrice de l’action.
Sont prévus, par exemple, des moments conviviaux à la Cocotte solidaire, la cantine participative sur l’île de Versailles, pendant les repas du midi. Le plat est préparé en cuisine avec les bénévoles, qui mangent ensuite avec les clients qui viennent déjeuner. « On a également prévu de faire un parcours artistique au Lieu Unique et de visiter Nantes, en faisant un rallye photo », précise Anouk.
Des ateliers sur la médiation numérique, pour apprendre à utiliser un ordinateur et un téléphone, font également partie du programme, ainsi que l’élaboration d’un projet professionnel.
« C’est la meilleure chose que j’ai découverte dans ma vie »
L’apprentissage de la couture et de la revalorisation des tissus est également central dans l’accompagnement. Elles ont par exemple déjà appris à réaliser un tote bag. Une étape pour Donia qui a été « traumatisée » par ses études en vente et en commerce en CAP. « Je n’étais pas bien là-bas, surtout en couture », témoigne la jeune femme âgée de 19 ans. Les Simones semble avoir été une libération pour elle.
On a cousu la semaine dernière et j’étais super fière de moi, ça m’a plu. […] Le matin maintenant, quand je me lève, je suis de bonne humeur et je suis motivée. J’ai pu me faire des amies. C’est la meilleure chose que j’ai découverte dans ma vie. J’espère que ce lieu existera encore longtemps.
Donia, une des femmes participant au programme
À terme, Anouk envisage d’ouvrir l’atelier-boutique certains soirs, pour des débats, des conférences ou des événements, sur le réemploi et le textile, mais aussi sur les violences sexistes et sexuelles.
Infos pratiques : 23 rue Petite Biesse, 44200 Nantes.
Ouvert du mardi au vendredi, de 11 h à 18 h, et le samedi, de 10 h à 18 h.
La boutique ouvre le mardi 6 octobre.
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