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Une guêpe qui vous fixe droit dans les yeux, une mante suspendue dans la lavande, un criquet bleu violet déniché à Tignes : les images de Colombe Delons donnent à voir un monde que l’œil nu ne perçoit pas. Ambassadrice OM System, la photographe travaille presque exclusivement en focus stacking à main levée, avec un OM-1 et le M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO, après avoir renoncé au rail macro et au trépied.

Dans cette interview, elle raconte comment elle est venue à la macro, pourquoi une optique l’a fait basculer du reflex au Micro 4/3, ce que le focus stacking a changé dans sa façon de travailler et comment son exposition « Les Yeux du silence » cherche à changer le regard du public sur les insectes.

Portrait de Colombe Delons en studio, ses objectifs OM System et son diffuseur macro en mainColombe Delons

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Je m’appelle Colombe, j’ai 25 ans et je suis photographe professionnelle. J’ai aujourd’hui un studio en région parisienne, spécialisé notamment dans le mariage, la grossesse et la naissance. À côté de cette activité, je suis passionnée de photographie animalière, et plus particulièrement de macrophotographie. C’est dans ce cadre que je suis ambassadrice OM System.

Dans ma famille, il y a toujours eu des appareils photo. Mon grand-père maternel et ma mère en avaient toujours un à la main, et j’ai grandi entourée de photos de famille, de vacances et de tous les petits et grands événements de notre vie. La photographie a donc toujours occupé une place assez centrale pour moi.

Petite mouche tachinaire posée au sommet d'un épi de graminée sec, sur fond beige uniPhasia pusilla, Venoy | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 8 | 1/500 s | ISO 400 © Colombe Delons

J’ai commencé la photographie pendant les vacances, en empruntant l’appareil de mon grand-père, notamment pour photographier mon lapin. Il m’a ensuite offert mon premier appareil photo, qui m’a suivie pendant plusieurs années.

Puis je suis partie en Angleterre en 2023 pour un voyage itinérant. J’avais envie d’en garder une trace et j’ai changé d’appareil à cette occasion. À partir de là, je n’ai plus vraiment arrêté. J’ai commencé à explorer de nouveaux domaines, notamment la macrophotographie, qui a progressivement pris une place centrale dans ma pratique.

Comment décrirais-tu ton style et tes sujets de prédilection ? Qu’est-ce qui t’attire dans le très petit, insectes, araignées, amphibiens ?

J’ai un style assez naturaliste. J’étais une grande joueuse de Pokémon plus jeune et, quand je fais de la macro, j’ai parfois l’impression de rejouer à Pokémon grandeur nature ! Je cherche les insectes, j’essaie sans cesse de découvrir de nouvelles espèces que je n’ai encore jamais photographiées et j’aime ensuite identifier tous les sujets que j’ai rencontrés, un peu comme si je complétais mon Pokédex.

Araignée-crabe rose (thomise variable) tenant un bourdon capturé sur une feuille, sur fond vert sombreMisumena vatia et bourdon, Lyon | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 7,1 | 1/400 s | ISO 3200 © Colombe Delons

Je photographie vraiment de tout. Je crois cependant avoir une fascination particulière pour les araignées. Elles sont souvent impressionnantes à l’œil nu et beaucoup de gens en ont peur. Mais lorsqu’on commence à les observer en macro, on découvre des animaux complètement différents : leurs yeux, leurs comportements, leurs interactions, parfois leurs petits… Elles deviennent attachantes. J’aime particulièrement les araignées sauteuses, qui sont minuscules mais extrêmement curieuses et très interactives face à l’objectif.

Pisaure admirable portant son cocon blanc sous elle, sur une feuille verte éclairée par le soleilPisaura mirabilis (pisaure admirable) et son cocon, Grand-Laviers | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | focus stacking © Colombe Delons

Dans mes images, je recherche énormément le détail. Je travaille presque exclusivement en focus stacking parce que j’ai toujours envie d’aller plus loin : voir plus petit, montrer davantage de détails et découvrir des textures que l’œil nu ne perçoit pas. Une « simple » mouche, par exemple, devient en macro un organisme incroyablement complexe, avec ses poils, ses facettes et des couleurs qu’on ne soupçonnait pas.

Mouche posée sur une feuille verte, une goutte de liquide suspendue à sa trompe (comportement de bubbling)Pollenia sp. en train de faire du « bubbling », Cheny | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 8 | 1/400 s | ISO 1000 © Colombe Delons

Ce que j’adore aussi, c’est qu’il y a souvent une seconde découverte au moment du tri des images. On part photographier une petite grenouille et, en regardant la photo sur l’écran, on découvre un moustique qui la pique ou un collembole posé dessus ou à côté. J’ai déjà photographié des Tetragnatha parasitées par des larves, ou des insectes portant des acariens. Encore récemment, j’ai photographié une mouche en train de faire du « bubbling ».

C’est tout ce monde invisible qui me fascine : une première découverte sur le terrain, puis une seconde lorsqu’on regarde réellement ce que la macro nous permet de révéler sur grand écran.

Et puis les insectes restent souvent mal aimés. Les photographier, c’est aussi une manière de les faire connaître et, peut-être, de les rendre un peu moins mal compris.

Tu revendiques une pratique de la macro en milieu urbain, autour de chez toi en Île-de-France. Où et comment trouves-tu tes sujets ?

Je suis basée en Île-de-France et je photographie beaucoup en milieu urbain ou périurbain, même si cela concerne davantage les oiseaux que la macro.

Ce n’est pas parce qu’on vit en ville qu’il n’y a pas de vie sauvage. Je travaille beaucoup dans les parcs parisiens et surtout au bois de Boulogne, et un peu au bois de Vincennes. Nous avons la chance d’avoir une biodiversité extrêmement présente, qui est en plus relativement habituée à l’être humain et donc plus facile à photographier qu’en campagne.

Gros plan sur la tête et les pattes d'un paon-du-jour aux ailes fermées, posé sur une pierre, en contre-jourAglais io (paon-du-jour), Sceaux | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 5,6 | 1/200 s | ISO 2000 © Colombe Delons

On peut rencontrer des grands cormorans, des cygnes, des grèbes huppés, des étourneaux sansonnets, des pigeons ramiers et bisets, des merles noirs, des grimpereaux, des pinsons, des corneilles, des moineaux, des faucons crécerelles… et même des renards. Il n’est finalement pas nécessaire d’aller très loin pour trouver des animaux. Certains sont littéralement dans nos rues, et les parcs et bois franciliens offrent déjà énormément de possibilités.

Lézard des murailles posé sur une planche de bois, fond de végétation flouePodarcis muralis (lézard des murailles), Lyon | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 11 | 1/500 s | ISO 2500 © Colombe Delons

Pour la macro, j’en pratique également en région parisienne, plutôt au gré des opportunités. J’y photographie notamment de très beaux papillons, des libellules et différents insectes. Mais la majorité de ma production macro est tout de même réalisée dans des milieux plus naturels et boisés, à l’occasion de déplacements ou de vacances, où la biodiversité des insectes est plus abondante et plus facile à observer.

Depuis quand travailles-tu avec OM System, et qu’est-ce qui t’a amenée vers ce système pour la macro ? Utilises-tu le même matériel pour ton activité de portrait, ou fais-tu cohabiter deux systèmes ?

Je travaille avec OM System depuis environ trois ans.

Avant cela, j’étais équipée d’un Nikon D500, qui était vraiment un excellent boîtier et qui m’a beaucoup servi. En macro, j’avais un Tamron 90 mm mais également un Laowa 25 mm permettant d’aller jusqu’à un grossissement de 5x, que j’utilisais avec un rail macro pour réaliser du focus stacking. La qualité et le niveau de grossissement étaient impressionnants, mais cette façon de travailler ne correspondait finalement pas du tout à ma pratique. Sur des sujets vivants dans la nature, installer un rail macro est extrêmement contraignant. Et à main levée, à ces rapports de grossissement, la profondeur de champ devenait trop faible.

Portrait de profil d'une grenouille verte à la peau luisante, posée dans l'eau, fond brun flouPelophylax sp. (grenouille verte), Mézières-en-Brenne | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 4 | 1/200 s | ISO 3200 © Colombe Delons

J’ai donc commencé à chercher un nouveau système qui me permettrait de réunir deux choses essentielles pour moi : un fort grossissement et la possibilité de réaliser du focus stacking directement sur le terrain et à main levée.

Au fil de mes recherches, le M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO correspondait exactement à ce que je voulais. Et la majorité des photographes dont j’admirais les images macro sur Instagram travaillaient eux aussi avec OM System et ce fameux 90 mm Macro. C’est donc vraiment l’optique qui m’a amenée vers la marque.

Ensuite, j’y ai retrouvé tout ce dont j’avais besoin : un boîtier compact et relativement léger, ce qui est essentiel lorsqu’on photographie à main levée, une très forte stabilisation, la tropicalisation, le grossissement et bien sûr les fonctions de focus stacking.

Agrion élégant bleu turquoise et noir posé sur du bois, vu de profil, fond beige uniIschnura elegans (agrion élégant), Mézières-en-Brenne | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 5 | 1/500 s | ISO 1600 © Colombe Delons

Aujourd’hui, j’utilise également mon OM-1 pour mon activité professionnelle au studio, simplement avec d’autres optiques. Mon 12-100 mm est devenu mon objectif de prédilection pour le portrait, l’événementiel et les mariages. Sa plage focale équivalente à un 24-200 mm en plein format me permet de couvrir énormément de situations avec une seule optique. Je l’utilise aussi en vidéo, notamment sur des mariages.

Finalement, l’OM-1 est devenu mon boîtier à tout faire : c’est principalement l’objectif qui change selon ma pratique.

Tu travailles avec un OM-1 et le M.Zuiko 90 mm f/3,5 Macro IS PRO. Qu’est-ce que sa focale longue (équivalent 180 mm) et sa distance de travail changent concrètement face à des sujets craintifs comme les araignées sauteuses ou les amphibiens ?

Le principal intérêt pour moi est justement de pouvoir atteindre un très fort grossissement sans devoir venir coller l’objectif au sujet.

Portrait macro de face d'une guêpe poliste (Polistes dominula) aux antennes orange, sur fond vert sombrePolistes dominula, Cheny | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | focus stacking © Colombe Delons

Quand on photographie des insectes, des araignées sauteuses ou des amphibiens, la distance que l’on conserve avec eux compte énormément. Plus on se rapproche physiquement, plus on risque de modifier leur comportement ou de les faire fuir.

Le 90 mm me permet donc de travailler à des rapports de grossissement très importants tout en gardant une façon de photographier qui reste compatible avec des sujets vivants, sur le terrain, et surtout à main levée. C’était exactement ce que je recherchais lorsque j’ai changé de système.

Avec la Sync IS entre l’objectif et le boîtier, shootes-tu principalement à main levée, y compris à fort grossissement ? Quelles fonctions du boîtier utilises-tu vraiment en macro, et qu’est-ce qui reste anecdotique ?

Je travaille essentiellement à main levée, y compris à fort grossissement. C’était même l’un de mes principaux critères lorsque j’ai choisi mon matériel : je ne voulais plus dépendre d’un trépied ou d’un rail macro.

Mante religieuse brune suspendue tête en bas dans des fleurs de lavande, regardant l'objectifMantis religiosa, Venoy | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 9 | 1/1000 s | ISO 1250 © Colombe Delons

La stabilisation est donc essentielle pour moi, mais la fonction centrale de ma pratique reste vraiment le focus stacking. Je photographie aujourd’hui presque exclusivement de cette façon lorsque je recherche beaucoup de détails.

À ces niveaux de grossissement, la profondeur de champ devient extrêmement faible. Le stacking permet justement d’additionner plusieurs plans de netteté et d’obtenir cette quantité de détails que je recherche. Le focus stacking est la fonction computationnelle qui a transformé ma manière de travailler et dont j’aurais aujourd’hui beaucoup de mal à me passer.

Mouche anthomyiide aux soies noires bien visibles, posée sur une feuille verte texturéeAnthomyiidae, Cheny | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 6,3 | 1/320 s | ISO 2000 © Colombe Delons

Profondeur de champ, montée en ISO, définition : le format Micro 4/3 traîne quelques clichés, mais il a aussi des atouts spécifiques en macro. Avec ton expérience, qu’est-ce qui relève du mythe, et où le système t’aide concrètement ?

Pour ma pratique, le Micro 4/3 est surtout devenu un avantage.

En macro, je recherche avant tout du grossissement, de la profondeur de champ, de la stabilisation et un ensemble suffisamment compact pour pouvoir être utilisé à main levée pendant longtemps. C’est justement cette combinaison qui m’intéresse. Quand je pars sur le terrain, je veux pouvoir bouger, m’accroupir, me mettre au ras du sol et suivre un sujet sans installer tout un dispositif autour de lui.

Colombe Delons, boîtier en main, devant le stand OM System au Salon de la Photo 2025, à côté d'un tirage géant de son portrait de guêpe polisteColombe Delons sur le stand OM System au Salon de la Photo 2025, devant l’agrandissement de son portrait de Polistes dominula

Je ne me suis jamais sentie limitée par le format dans ma pratique. Au contraire, ses caractéristiques correspondent particulièrement bien à la manière dont j’aime travailler en macrophotographie.

Au-delà du matériel lui-même, est-ce que ton approche, ton rythme de prise de vue ou ton rapport au sujet ont évolué depuis que tu shootes avec OM System ?

Mon rythme de prise de vue n’a pas fondamentalement changé. La photographie animalière reste avant tout un moment de plaisir, un moment pour moi, et j’essaie d’organiser au minimum deux sorties par mois, davantage pendant le printemps et l’été. Ce qui a en revanche beaucoup changé, c’est la diversité de ma pratique.

Trois abeilles halictes endormies accrochées à un épi de graminée sec, sur fond beige uniLasioglossum calceatum, Cheny | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 6,3 | 1/320 s | ISO 2000 © Colombe Delons

Lorsque c’est possible, OM System me prête du matériel. Là où je faisais auparavant essentiellement de la macro parce que je n’avais pas forcément les objectifs nécessaires pour le reste de la photographie animalière, j’ai pu commencer à photographier beaucoup plus les oiseaux et la faune au sens large. Cela me permet de tester, de m’exercer et de progresser dans de nouveaux domaines.

Mais l’accompagnement de la marque va aussi au-delà du matériel. OM System me challenge énormément sur le post-traitement et sur la construction d’une véritable signature visuelle. Au début de notre collaboration, mon traitement était très simple : un peu de saturation, de luminosité et de contraste, mais quelque chose qui restait très proche des RAW. La marque m’accompagne aujourd’hui sur la manière de traiter mes images et de leur donner une identité plus personnelle, une signature. Je lui en suis très reconnaissante, parce que cela me permet de progresser de manière beaucoup plus globale et de me remettre constamment en question.

Pour une jeune photographe animalière comme moi, avoir un partenaire à la fois bienveillant et capable de me challenger sur mon travail est un véritable booster.

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Tu photographies des espèces fragiles et tu mènes des actions pédagogiques autour de la biodiversité. Comment concilies-tu l’obtention d’une image forte et le respect du sujet ? Et en quoi la macro est-elle un outil efficace pour changer le regard du public sur les « petites bêtes » ?

Le respect du sujet est primordial.

Depuis que je pratique davantage la photographie animalière, je me suis notamment équipée d’une tente d’affût Tragopan. Lorsque j’ai repéré un endroit intéressant, je peux m’installer et devenir quasiment invisible pour les animaux qui m’entourent. Récemment, j’ai par exemple eu la chance d’observer des cigognes noires dans le Jura. Installée dans ma tente d’affût avant leur arrivée, je suis repartie après elles. Elles n’ont pas eu besoin de modifier leur comportement à cause de ma présence.

Chenille du sphinx de l'euphorbe, jaune, noire et blanche, en train de manger une feuille d'euphorbeHyles euphorbiae (chenille du sphinx de l’euphorbe), Tignes | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 8 | 1/500 s | ISO 1600 © Colombe Delons

Pour moi, être photographe de nature, c’est d’abord aimer cette nature, et donc forcément chercher à la respecter.

En macro, je ne déplace jamais mes sujets pour fabriquer une photographie. Je ne suis toutefois pas dupe : l’usage du flash crée nécessairement un dérangement pour l’animal. J’essaie donc de rester modérée et de ne pas en abuser.

J’ai aussi une communauté de 16 000 abonnés sur Instagram et je considère que cela implique une certaine responsabilité. Mon rôle de photographe animalière ne consiste pas seulement à montrer de belles images : j’essaie également d’y associer des messages de sensibilisation. Je suis convaincue qu’on protège mieux ce qu’on connaît et ce qu’on aime. Plus les gens découvrent la nature et comprennent sa beauté et sa complexité, plus ils auront envie de la protéger.

C’est notamment le sens de mon exposition « Les Yeux du silence », consacrée uniquement aux insectes et petites bêtes, photographiés de face et en très gros plan : araignées, guêpes, cloportes, papillons de nuit… Chaque portrait est associé à un message de sensibilisation autour de la disparition des insectes et de la perte de biodiversité. C’est une série qui interpelle. Dans un festival animalier, le public s’attend souvent à voir des loups, des renards, de grands mammifères ou de beaux papillons. Et tout à coup, il se retrouve face à une araignée ou un cloporte photographié de très près, dans une image très épurée. Cela questionne, et c’est justement ce que je recherche.

Expositions, calendriers, ateliers : quels sont tes projets à venir, et y a-t-il un sujet que tu rêves encore de photographier en macro ?

J’aime beaucoup les atypies, les mutations et tout ce qui sort de la norme. Pour reprendre encore une fois le parallèle avec Pokémon, ce sont un peu mes « Pokémon shiny ».

Criquet des pâtures d'un bleu violet intense, forme érythrique, dans l'herbePseudochorthippus parallelus (criquet des pâtures), forme érythrique, Tignes | OM System OM-1 | M.Zuiko Digital ED 90 mm f/3,5 Macro IS PRO | ƒ / 6,3 | 1/800 s | ISO 250 © Colombe Delons

Depuis longtemps, je rêvais par exemple de photographier un criquet porteur d’érythrisme, une mutation génétique rare qui lui donne des couleurs totalement inhabituelles. J’ai eu la chance d’en trouver un cet été à Tignes, et c’était vraiment l’un de mes rêves en macrophotographie. Maintenant que c’est fait, évidemment, j’ai envie d’en photographier d’autres ! Chaque individu peut présenter des couleurs différentes, donc il reste encore énormément de choses à découvrir.

J’aimerais aussi observer et photographier des insectes dont le corps est contrôlé par des champignons parasites. C’est aussi ce qui me plaît en photographie animalière : il reste toujours quelque chose que l’on n’a encore jamais vu.

Côté exposition, je me concentre pour le moment sur le développement des Yeux du silence. J’ai évidemment envie de créer d’autres séries à l’avenir, mais j’essaie d’abord de faire vivre pleinement cette première exposition.

Si tu devais donner un conseil à quelqu’un qui débute en macrophotographie, ce serait quoi ?

Pratiquer. La macro demande énormément de pratique. Il faut apprendre à être stable au moment de déclencher, comprendre ses réglages et maîtriser suffisamment son appareil pour ne plus avoir à réfléchir à chaque manipulation.

Ensuite, je conseillerais de tester les fonctions computationnelles de son boîtier. On franchit vraiment un cap lorsqu’on commence à expérimenter le focus stacking et à exploiter pleinement les possibilités de son matériel.

Il faut tester, rater beaucoup de photos, recommencer et pratiquer encore.

Portrait de Colombe DelonsColombe Delons

Merci à Colombe Delons d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Pour découvrir son travail, rendez-vous sur son compte Instagram @colombe_delons ainsi que sur le site de son studio.

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Contenu réalisé en collaboration avec OM System
Il s’agit d’un contenu original créé par Phototrend avec nos critères de qualité pour présenter le travail photographique de Colombe Delons.