Par

Briac Trébert

Publié le

23 sept. 2026 à 13h44

Un vaste anticyclone, pas de pluie, et des températures qui s’envolent en journée. La France connaît, une nouvelle fois, en cette fin septembre 2026, une séquence avec un mercure bien au-delà des valeurs de saison, alors que ce mercredi 23 septembre 2026 marque l’arrivée de l’automne sur le calendrier.

Si la pluie, en lien avec une probable tempête sur les îles Britanniques, est attendue à partir de ce dimanche 27 septembre sur le nord-ouest du pays, c’est la sécheresse, record, et la chaleur, proche des records une nouvelle fois, qui font l’actualité. Encore. Mais aussi, les écarts, impressionnants, de températures entre le jour et la nuit (et le réveil).

La faute au ciel sans nuage, jour et nuit. « Le ciel nocturne dégagé et l’absence de vent favorisent cette chute des températures durant la nuit, et l’ensoleillement en journée permet aux températures de grimper rapidement », résume, sur actu.fr, le météorologue Yann Amice.

La cause, ce ciel dégagé, la nuit

Ces jeudi 24 septembre et vendredi 25 septembre 2026, comme le montrent nos cartes, il fera parfois en France moins de 5°C au réveil, et, par endroits, environ 35°C dans l’après-midi !

La masse d’air actuellement est très sèche, et plus l’air est sec, plus il s’échauffe vite. C’est l’absence d’humidité dans les sols qui amplifie ces variations.
Cet écart des températures est d’ailleurs plus marqué à l’intérieur des terres. Sur le littoral, sous l’influence du « tampon » de la mer et de son inertie thermique, les variations sont plus modérées.

Yann Amice
Météorologue et océanographe

Des impressionnantes amplitudes thermiques qui s’expliquent essentiellement actuellement par ce ciel dégagé, la nuit. « Lorsque le ciel est dégagé, la température de la surface de la Terre baisse plus rapidement, le sol refroidit la couche d’air à son contact. À l’inverse, lorsque le ciel est couvert, les nuages agissent comme une couverture empêchant le rayonnement de la Terre de partir vers l’espace, et limitent son refroidissement durant la nuit », schématise Météo France.

ddd
Les températures minimales et maximales prévues en France ces jeudi 24 septembre 2026 et vendredi 25 septembre 2026. (©WeatherNCo avec Meteologix)Le plus froid, en réalité, c’est juste après le lever du soleil

Le minimum de température de la journée se produit en général quelques dizaines de minutes après le lever du soleil. Puis, lorsque le soleil monte dans le ciel, son rayonnement devient logiquement plus important. Il est maximal au midi astronomique, lorsque le soleil est à son point le plus haut dans le ciel, au zénith.

Par inertie, la Terre continue de se réchauffer quelques heures après, et la température maximale de l’air est en général atteinte deux à trois heures après l’heure du zénith, entre 15h et 18h. En milieu urbain, le maximum de température peut être atteint encore un peu plus tard, car le bâti restitue la chaleur emmagasinée au cours de la journée, ce qui réchauffe encore l’air ambiant. 
En clair, en cette fin de semaine, par endroits, il sera conseillé de sortir en doudoune le matin… alors que vous pourrez rentrer en tee-shirt en fin d’après-midi !

Les températures maximales prévues en France ces prochains jours, d’après le modèle météo Arpege.37,8°C de différence dans le Doubs, le 13 janvier 1968, entre la nuit et le jour

En France, l’amplitude quotidienne la plus forte a été observée à Mouthe, dans le Doubs, à 940 mètres d’altitude, le 13 janvier 1968. Elle a atteint 37,8°C ! La température était passée d’une minimale de -36,7°C (qui est d’ailleurs la température la plus basse jamais mesurée en France) à une maximale de +1,1°C !  

De fortes amplitudes thermiques quotidiennes ont également été observées plus récemment, lors d’un épisode de chaleur tardif, début octobre 2023. Il y en a trois, à Aubusson, dans la Creuse, à 486 mètres d’altitude, avec une température minimale de -2,3°C et une maximale de 29,7°C, le 7 octobre 2023, l’amplitude avait ainsi atteint 32°C sur la journée.

Le même jour, l’amplitude était de 31°C à Massiac, dans le Cantal, à 533 mètres, avec une minimale de -1,8°C, et une maximale de 29,2°C. La veille, le 6 octobre, une amplitude thermique de 31°C avait été relevée à Coltines dans le Cantal, toujours, à 979 mètres.

À Pissos, dans les Landes, le 8 octobre 2023, la température était passée de 2,7°C au petit matin, à 33,4°C au plus chaud de la journée, soit une amplitude de 30,7°C. Le 7 octobre, une amplitude quotidienne de 30°C avait aussi été mesurée à Monteils dans l’Aveyron, et une amplitude de 29,8°C à Blars et à Livernon, dans le Lot.

Quasiment aucune goutte de pluie en France dans le viseur du modèle météo Arpege d’ici ce samedi 26 septembre 2026.

En cette fin septembre 2026, donc, le temps restera estival avec des températures au-dessus des moyennes de saison jusqu’à la fin du mois, dépassant souvent les 30°C sur le Sud du pays. Mais un changement de temps se dessine, comme nous le détaillons dans cet article, à partir de ce dimanche 27 septembre, par l’Ouest. Enfin.

Depuis le début de cet automne météorologique, le 1er septembre, les pluies ont été quasi absentes : une seule journée de pluie (cumul supérieur à 1 millimètre) a été enregistrée à l’échelle de la France, le 8 septembre. En dehors de cette journée, aucune pluie significative n’a été comptabilisée !

L’indicateur national d’humidité des sols se situe à un niveau record pour un mois de septembre. Au 20 septembre, 84% de la France est concernée par une sécheresse décennale pour un mois de septembre (sécheresse se produisant en moyenne une fois tous les 10 ans).

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.