Plombières et sa passerelle sont un des lieux les plus pollués au dioxyde d’azote (NO₂) dans la ville de Marseille.
PHOTO ILLUSTRATION PHILIPPE LAURENSON
La hausse du prix des carburants, qui pose de sérieux problèmes à ceux qui sont dans l’obligation d’utiliser leur véhicule pour se rendre à leur travail, a une vertu : celle de jouer positivement sur la pollution liée au dioxyde d’azote (NO₂). Sur la ville de Marseille, la diminution du NO₂ est évaluée entre 1 et 3 microgrammes par m³.
En réalité, la baisse de ce type de pollution est de moitié moins par rapport à la chute du trafic. « Comme le trafic a baissé de 6%, la baisse du taux de dioxyde d’azote (se fait autour) de 3 microgrammes par m³ », comme l’explique Damien Piga, directeur des relations extérieures d’AtmoSud, l’observatoire de la qualité de l’air en Paca.
Durant la période de confinement, on a atteint des chutes entre 50 et 60% de NO₂
Ce constat est lié à la station Plombières d’Atmosud. Là où « la configuration est pénalisante », comme le précise Damien Piga. La forte circulation à proximité de l’autoroute A7 et la présence d’habitations (notamment des immeubles) tout autour – elle empêche la pollution de s’éloigner, de se disperser et de s’envoler vers les hauteurs – fait de ce lieu l’endroit le plus élevé en NO₂. On atteint, en moyenne, les 46 microgrammes par m³ (de 30 à 70 selon les conditions météorologiques : en gros, « le vent disperse la pollution tandis que le beau temps la concentre »).
En comparaison, on se situe à 30 m/m³ dans la zone du Prado et à 25 m/m³ tout au long de la Corniche. D’ailleurs, la baisse autour de ces voies de circulation est moindre : 1,5 m/m³. Le trafic étant bien plus faible, le nombre de véhicules en moins n’est pas aussi élevé que sur Plombières.
Sur Plombières, on est largement au-dessus des normes européennes liées à la pollution
Durant la période de confinement en plein Covid, on a atteint des chutes entre 50 et 60% de NO₂ dans l’air dans la cité phocéenne. Ce qui relativise la baisse de ces dernières semaines. Même, bien évidemment, si tout ralentissement dans ce domaine est bon à prendre.
On est cependant, pour revenir dans la zone de Plombières, loin des normes européennes qui se situe à 40 m/m³. Et ce seuil à respecter date de 2010 et il va connaître une réévaluation en 2030 où il va falloir « ne pas dépasser les 20 microgrammes par m³ », comme le précise Damien Piga. Pour être au niveau de cette norme « on a besoin d’efforts supplémentaires. » En admettant que l’on perde 6% de trafic par an, « il faudra attendre au-delà de 2030 » pour y arriver.
On considère que sur Marseille « la qualité de l’air est responsable de 780 décès par an. » L’enjeu est donc de taille…