L’association Les Vrais Amis du Père Prévost, l’association Beaux-Arts Pierre Rouge et le collectif Cité Bergère dénoncent une volonté de mettre à mal le commerce de proximité en favorisant l’installation de moyennes surfaces et de poursuivre plus avant la bétonnisation du quartier.
« Nous avons l’impression que l’aménagement de ce quartier est motivé sans considérations sociales, écologiques ni consultation publique », relève Lucie Mendes. Membre et cheville ouvrière du collectif pour la défense de la Cité Bergère (une terre de maraîchage dont une partie est promise aux Nouveaux Constructeurs, un promoteur immobilier, NDLR), à la lisière du quartier des Beaux-Arts, la jeune femme et d’autres représentants associatifs (Les Vrais Amis du Père Prévost, Beaux-Arts Pierre Rouge) ainsi que l’élue Julia Mignacca (élue municipale d’opposition pour La France insoumise et Verts Populaires) se sont retrouvés au mitan de ce 23 septembre, rue Proudhon, au cœur du quartier. Au pied des ex-Sudios Lunaret (un ancien complexe dédié au sport de salle et à la danse, fermé depuis la pandémie, NDLR).
Une présence pour dénoncer l’installation annoncée de l’enseigne Monoprix (Groupe Casino) dans les presque huit cents mètres carrés du bâtiment. Cela alors que circule une pétition depuis cet été. Un document paraphé dans les commerces par quelque « deux mille personnes » au dire de ses initiateurs. Et désormais mise en ligne avec deux cents signatures en sus.
Cela alors qu’un magasin Biocoop doit, lui, ouvrir ses portes l’hiver prochain, à l’angle des rues Sage et de Substantion, à une centaine de mètres de là. Et dont les futurs gérants, Antoine Kollen et Samuele Stilo, avaient malgré tout tenu à venir, pour expliciter, une fois encore, si besoin, leur démarche.
Et le duo de le dire posément : « On a été un peu surpris d’être amalgamés par rapport à ce que nous allons proposer. D’autant que nous sommes venus présenter le projet. Nous ne sommes pas arrivés là comme ça… ».
« Après trop c’est trop ! Vous ne pouvez pas ignorer que cela va engendrer un déséquilibre »
Puis un membre associatif de rétorquer, tout aussi calmement : « Après trop c’est trop ! Vous ne pouvez pas ignorer que cela va engendrer un déséquilibre ». Car outre la densification du quartier, collectif et associations craignent que ces arrivées ne bouleversent durablement le commerce de détail qui fait aussi la force de ce secteur de la ville. Et plus largement que sa bétonnisation, déjà conséquente ces dernières années, ne se poursuive plus avant.
« Quelle marge de manœuvre garde-t-on quand on est habitant ? »
« Nous sommes dans un quartier qui se gentrifie », assène Lucie Mendes. Qui regrette elle aussi que l’éventuelle arrivée de Monoprix se fasse « sans avoir consulté la population ». Et les intéressés de questionner : « Quel quartier des Beaux-Arts veut-on pour demain ? Un quartier qui perd son âme, oublie son histoire ? Ou est ce que l’on décide de s’inscrire dans le sillage de cette histoire ? ». Et Julia Mignacca de s’interroger à son tour : « Quelle marge de manœuvre garde-t-on quand on est habitant ? ».
La légalité du permis de construire de la Cité bergère attaqué
Reste désormais à savoir si le projet se concrétise et si un permis de construire sera délivré en ce sens. Dans ce cas, les contestataires pourraient alors très bien ester devant la justice administrative pour en contester le bien-fondé. C’est le cas dans dossier de la Cité Bergère. Et Me Tamaris Fürstenheim, l’auxiliaire, impliquée dans la procédure d’annoncer avoir attaqué la légalité dudit permis devant le Tribunal administratif de Montpellier. « Le procès devrait être audiencé sous un à deux mois », précise la robe noire.