Le petit grimpeur de poche restera dans les mémoires comme le premier coureur colombien à avoir remporté un Grand Tour, en Italie en 2014. Il décrochera le Tour d’Espagne deux années plus tard. Quintana terminera aussi à trois reprises sur le podium du Tour de France, lors de ses trois premières participations (2e en 2013 et 2015, 3e en 2016), battu à chaque fois par le britannique Christopher Froome. Sur la Grande boucle, il s’est offert deux fois le maillot blanc de meilleur jeune et une fois le maillot de meilleur grimpeur. Au total, Quintana compte huit victoires d’étapes dans les épreuves de trois semaines.

Nairo Quintana (g) durant le Tour de France 2013 en compagnie de Christopher Froome.

Nairo Quintana (g) durant le Tour de France 2013 en compagnie de Christopher Froome.

Nairo Quintana, qui aura droit à une dernière course de prestige, n’a pas participé au dernier Tour d’Espagne 2026 remporté par son coéquipier Enric Mas. Ce sera sa sixième participation aux championnats du monde.

« Il y a eu Lucho Herrera, mais Nairo, c’est le n°1 en Colombie, même devant Egan Bernal (vainqueur du Tour de France en 2019, ndlr). Car il est le premier à avoir gagné un grand Tour, assurait Emmanuel Hubert, ancien manager de l’équipe française de l’équipe Arkéa-Samsic où Quintana a passé trois saisons entre 2020 et 2022. Dans plusieurs taxis, là-bas, je me suis amusé à demander quel était le sportif le plus respecté et la personnalité la plus connue. Deux noms ressortaient : Shakira et Quintana. »

Un coureur aux origines modestes

Garçon timide, le natif de Tunja, ville perchée à 2 800 m d’altitude dans la région du Boyaca, s’envolait lorsque la pente était sévère. Pendant son enfance, Quintana escaladait les routes montagneuses autour de son village, sur un vieux et lourd VTT (près de 20 kg !) bricolé par son père Luis Guillermo. « J’allais à l’école à vélo. C’était 16 kilomètres en descendant et pour rentrer 16 kilomètres en montée. De nature, j’ai toujours aimé grimper mais de toute façon, il fallait bien que je rentre à la maison », expliquait-il à ses débuts avec son regard direct d’Amérindien aux yeux noirs. Quintana a toujours défendu ses racines natales. « Mon pays est très beau ! » avait-il rétorqué vexé, à un journaliste qui l’interrogeait un jour sur son village « perdu ».

Le Colombien Nairo Quintana pose sur le podium avec le trophée après avoir remporté le Giro, le 1er juin 2014 à Trieste

Le Colombien Nairo Quintana pose sur le podium avec le trophée après avoir remporté le Giro, le 1er juin 2014 à Trieste

C’est en 2009, alors qu’il n’a pas 20 ans, que Quintana signe son premier contrat pro avec Boyaca Es Para Vivirla, une équipe locale. Ensuite il s’engage avec la Colombia Es Pasion Team, une formation qui a pour but d’envoyer des coureurs en Europe. En 2010, grâce à son aisance dans les cols, il remporte deux étapes et la première place du classement général du Tour de l’Avenir en France. Malgré plusieurs sollicitations, il décide de rester en Colombie.

Le duel Froome-Quintana

En 2012, il franchira le pas en s’engageant avec la formation espagnole Movistar. Les succès vont alors se succéder. Quintana s’adjuge le Tour de Murcie et la Route du Sud. Il empoche également une victoire d’étape sur le Dauphiné et participe cette année-là à son premier grand Tour, la Vuelta d’Espagne, qu’il termine à la 36e place. En 2013, à 23 ans, lors de son premier Tour de France, Quintana est l’un des rares acteurs du peloton à tenter de suivre le rythme infernal imprimé par Froome.

Nairo Quintana (Movistar) remporte le Tour d'Espagne 2016, devant Christopher Froome (Sky) et Esteban Chaves (Orica-BikeExchange).

Nairo Quintana (Movistar) remporte le Tour d’Espagne 2016, devant Christopher Froome (Sky) et Esteban Chaves (Orica-BikeExchange).

En 2022, classé sixième, il est disqualifié du Tour de France en raison de l’usage d’un antidouleur interdit par le règlement médical. En 2024, après une année sans contrat, il retrouve les couleurs de l’équipe espagnole Movistar qu’il avait quittée en 2019 pour les Bretons d’Arkéa-Samsic.

Nairo Quintana quittera le peloton avec un très beau palmarès sans jamais avoir eu la joie de s’offrir le Tour de France. Mais il restera sans aucun doute dans le grand livre d’histoire du cyclisme colombien.