« Le télescopage de la partie intérieure de la tour », progressivement déployée vers le haut telle une antenne – une technique utilisée pour atteindre sans grues de grandes hauteurs – « marque l’étape décisive dans la réalisation du projet » à Schipkau, a expliqué dans un communiqué l’entreprise Gicon.
« Lors de la mise en hauteur, la partie intérieure de la tour a été hissée jusqu’à sa hauteur finale grâce à un système de levage à câbles », une opération nécessitant « une coordination minutieuse », poursuit Gicon à propos de son innovation technologique.
Les travaux d’achèvement vont durer « quelques jours » avant une mise en service officielle en novembre, précise l’entreprise. Désormais deuxième structure la plus haute d’Allemagne, avec seulement 3 mètres de moins que la tour de télévision de Berlin (368 m), l’éolienne de Schipkau, dont le moyeu s’élève à 300 m, doit exploiter un vent plus fort et régulier pour produire le double d’énergie d’une éolienne classique, selon son concepteur.
Construit parmi la cinquantaine d’éoliennes du parc de Schipkau lancé en 2000, le géant d’acier doit fournir de l’électricité à 7 500 foyers sur une année entière, avait assuré un responsable à l’AFP lors d’une visite du chantier.
Financé par l’État à hauteur de 20 à 30 millions d’euros via son agence pour les innovations de rupture (SPRIND), ce projet a été implanté dans une région houillère dont les mines de charbon à ciel ouvert ferment progressivement jusqu’en 2038, suivant les objectifs climatiques de Berlin.
Envolée des prix de l’énergie
Cette méga éolienne illustre une tentative de la première économie européenne de rester dans la course à l’innovation énergétique, sur fond de crise industrielle, de sous-investissement chronique et d’envolée des prix de l’énergie provoquée par les guerres en Ukraine et en Iran.