Les acquéreurs du presbytère de Brélévenez, à Lannion, sont désormais connus. Le conseil municipal du lundi 28 septembre a approuvé la vente de ce bien de 180 m2 habitables à deux architectes de Trélévern, Paloma Charpentier et Martin Fessard. Onze dossiers avaient été déposés en réponse à l’appel à manifestation lancé en février.

Deux dossiers ont été sélectionnés avant de passer devant un comité comprenant des élus de la majorité et des groupes d’opposition, a tenu à préciser Éric Robert, le maire de la ville.

La demeure sur trois niveaux dispose d’une vue dégagée sur le centre-ville et d’un jardin, mais cet achat engage aussi les futurs propriétaires dans d’importants travaux de rénovation, avec un délai à tenir pour les lancer. C’est même le risque de délabrement de l’édifice qui a poussé la ville à vendre.

Situé dans un quartier emblématique de la ville, le presbytère de Brélévenez, à gauche de l’église, nécessite de coûteux travaux de rénovation. La ville avait lancé un appel à manifestation d’intérêt en février.Situé dans un quartier emblématique de la ville, le presbytère de Brélévenez, à gauche de l’église, nécessite de coûteux travaux de rénovation. La ville avait lancé un appel à manifestation d’intérêt en février. (Le Télégramme/Maël Moizant)Un inventaire du patrimoine en cours

Éric Robert a insisté, dans une séance de conseil municipal marquée par les incertitudes budgétaires des années à venir, sur le poids financier du bâti patrimonial pour la ville : « Pour les bâtiments religieux, et on en a beaucoup, l’important c’est le hors d’eau et le hors d’air. On établit un inventaire car dans les années à venir, on aura des gros soucis pour ce patrimoine, alors il faut tout faire pour le sauver. » L’oratoire existant sur le site reste propriété de la ville.

« Les acheteurs s’engagent à laisser un accès public sur leur propriété. C’est un lieu symbolique, avec un belvédère qui sera accessible au quotidien quand d’autres parties de la propriété le seront lors d’événements comme les Journées du patrimoine. »

Françoise Le Men, adjointe à l’urbanisme, est aussi revenue sur le coût d’entretien et de rénovation du patrimoine : « Ce bâtiment se détériorait et les porteurs du projet ont l’ambition de le rénover dans les règles de l’art et de l’architecture. Il est placé dans un secteur classé site patrimonial remarquable, et l’ensemble des prescriptions de l’Architecte des bâtiments de France seront respectées. »

Des architectes habitués aux rénovations

Le profil des deux acquéreurs a dû peser dans la balance. Les deux jeunes architectes travaillent régulièrement dans la rénovation et Martin Fessard, docteur en architecture et maître de conférences, est lui-même charpentier.

Les acheteurs s’engagent, selon Françoise Le Men, « à laisser un accès public sur leur propriété. C’est un lieu symbolique, avec un belvédère qui sera accessible au quotidien quand d’autres parties de la propriété le seront lors d’événements comme les Journées du patrimoine. »

Pour le groupe d’opposition Lannion Collectif, Jérôme Froger, « la question des jardins ouverts était une difficulté, mais nous avons eu la chance d’avoir des candidats acceptant cette condition. Nous nous en réjouissons et les Lannionnais s’en réjouiront aussi. »

Le projet est encore dans l’œuf mais un volet sur des interventions associatives est prévu, après la fin de la rénovation. Le tout dans le « respect de la vie privée des propriétaires », a conclu Éric Robert. Le vote favorable a été unanime.