Un accompagnement pluridisciplinaire destiné aux mères, aux nouveau-nés et également aux pères, voici comment se résume en quelques mots la raison d’être de la maison Murmure, implantée au 7 rue Saint-Fiacre, à Nancy. L’ouverture de cette maison « répond à un enjeu de santé publique » pour Zelda Kermoal et Joan Orcier.
Pour l’auxiliaire puéricultrice, le post-partum et la dépression qui peut en résulter manquent encore d’interlocuteurs identifiés : « En termes de grossesse, les femmes sont très bien accompagnées, mais il existe un vide intersidéral dans l’accompagnement après l’accouchement ».
« Une injonction à être heureuse »
Le couple a expérimenté à titre personnel des difficultés suite à la naissance de leurs deux enfants, notamment deux dépressions pour la jeune mère qui s’exprime en connaissance de cause : « Parfois, on a l’impression de ne pas pouvoir faire face, de subir une pression sociale, d’une injonction à être heureuse » précisant au passage que « 20 % des mères sont sujettes à une période de dépression durant le post-partum, et n’osent pas en parler ».
Selon le couple, l’accompagnement proposé permettra « de déposer son sac et ses émotions, sans jugement ». Pour ce faire, l’aspect pluridisciplinaire apparaît primordial : une psychologue et un ostéopathe spécialisés en périnatalité, une conseillère en lactation et une éducatrice sportive constituent la base de l’accompagnement.
Par ailleurs, des intervenants extérieurs complèteront les différents ateliers thématiques : sommeil, allaitement, reprise de l’activité professionnelle entre autres.
« Les pouvoirs publics doivent se saisir de cette question »
La finalité de cet accompagnement est « d’améliorer la construction relationnelle et le lien d’attachement entre la mère et son bébé » explique Zelda Kermoal qui préfère « être dans le préventif que dans le curatif, car la période après l’accouchement reste une période intense à laquelle on n’est pas forcément préparées ».
Pour Joan Orcier, ancien directeur de l’Agence régionale de santé en Meurthe-et-Moselle, et très sensible à la question de la petite enfance : « Les pouvoirs publics doivent se saisir de cette question » s’appuyant sur le rapport de la commission des « 1 000 premiers jours » selon lequel « plus de 100 000 femmes sont en grande détresse chaque année suite à la naissance de leur enfant ».
Le co-fondateur de la maison murmure se veut « une main tendue et un phare dans la tempête » pour les jeunes parents.
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