CHRONIQUE – Le cœur noué, je regarde fondre, telle une glace au soleil, cette Europe que j’ai tant aimée.

Je reviens d’Italie. Depuis que Mme Meloni y a été élue – au grand dam des pseudo-antifascistes –, le pays a le vent en poupe. Les hommes d’affaires s’envolent vers Milan et ceux qui aspirent au calme découvrent les Pouilles. Je n’y allais pas pour chercher l’exil ; simplement un peu de beauté.

Ma première rencontre fut un monarque : Victor-Emmanuel II. Le fondateur de la nation est de bronze. À l’étranger, les statues nous parlent. Elles éclairent l’Histoire. Plus loin, Garibaldi, Galilée. À Pise, j’ai l’impression de connaître du monde. Tous les chemins mènent à la piazza dei Miracoli. La tour est penchée : affaissement de terrain. Elle a été légèrement redressée au XXe siècle. Des centaines de touristes enchaînent les selfies, la main tendue vers le ciel. Une drôle d’idée me traverse : et si l’on soupçonnait l’un d’eux d’avoir fait le salut fasciste ?

Je longe des maisons aux façades ocre, aux volets verts. Piazza Dante, une trattoria minuscule attire le regard. Des…

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Le Figaro

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