Silvio Garattini : 5 km par jour, mais une marche qui fait
vraiment travailler le cœur

À 97 ans, l’oncologue et pharmacologue
italien Silvio Garattini, fondateur de l’Institut
de recherches pharmacologiques Mario Negri de Bergame, continue de
se rendre à son bureau et de voyager régulièrement. Et lorsqu’il
parle de marche, le scientifique défend une conception bien
éloignée de la simple promenade : « Se promener en
regardant les vitrines, ce n’est pas de l’
activité
physique
», affirme-t-il.

Pour ce spécialiste de la longévité, les habitudes quotidiennes
jouent un rôle essentiel dans la prévention. « De bonnes
habitudes de vie nous profitent d’abord à nous-mêmes, mais elles
apportent aussi de nombreux autres avantages. Si nous sommes en
bonne santé, nos familles n’en souffrent pas non plus ; c’est un
véritable acte de générosité envers nos proches et les personnes
qui nous sont les plus chères »
, explique-t-il dans un
entretien accordé au Corriere della Sera.

Comment Silvio Garattini transforme ses 5 km quotidiens en
véritable exercice physique

Malgré son âge, Silvio Garattini s’efforce de conserver une
routine bien précise. « J’essaie de marcher au moins 5
kilomètres par jour et, encore aujourd’hui, je m’efforce de
maintenir cet objectif. Mais je marche à un rythme relativement
soutenu, car sinon il n’y a pas d’effet aérobie »
,
explique-t-il. L’idée n’est donc pas simplement d’accumuler des
kilomètres, mais d’adopter une allure suffisamment dynamique pour
solliciter davantage le système cardiovasculaire.

Le scientifique décrit très concrètement l’intensité qu’il
recherche : « Il faut ressentir une certaine fatigue, avec
une respiration plus difficile et une augmentation du rythme
cardiaque. »
Cette intensité reste évidemment à adapter à
l’âge, à la condition physique et à l’état de santé de chacun. Mais
Garattini insiste surtout sur un point : commencer à bouger reste
bénéfique même à un âge avancé. « Il n’est jamais trop
tard. Même à 80 ans, on peut commencer à marcher. C’est toujours
mieux que de rester inactif. »

Combien de temps marcher chaque semaine pour profiter des
bienfaits de l’activité physique ?

Pour Silvio Garattini, inutile de chercher systématiquement à
battre des records. Il rappelle les recommandations couramment
avancées en matière d’activité physique : « Il y a un autre
aspect à prendre en compte : la durée d’exercice recommandée se
situe entre 150 et 300 minutes par semaine. Au-delà, les bénéfices
supplémentaires deviennent très limités. »

L’intensité de la marche constitue également un paramètre
intéressant. Une grande étude menée à partir des données de la
cohorte UK Biobank et publiée en septembre 2026 dans le British
Journal of Sports Medicine s’est intéressée à 64 743 adultes
suivis pendant près de huit ans. Les chercheurs ont notamment
observé une association entre une cadence de marche plus élevée et
un risque plus faible de certaines maladies. Des bénéfices
apparaissaient autour de 80
pas par minute
, avec des associations plus
marquées autour de 100 pas par minute.

Marcher comme Silvio Garattini : des bénéfices qui ne
concernent pas seulement le cœur

Pour le scientifique italien, ses 5 km quotidiens ne servent pas
uniquement à entretenir son cœur et ses muscles. « Cela
améliore également la circulation cérébrale et favorise la
socialisation. L’activité physique peut être considérée comme une
forme de mouvement collectif. Par exemple, marcher ensemble et
discuter favorise les relations sociales »
, souligne-t-il.
La marche devient ainsi pour lui autant une activité physique qu’un
moment propice aux échanges et à la réflexion.

Sa philosophie repose avant tout sur la prévention. «
Toutes les maladies ne tombent pas du ciel : beaucoup dépendent de
notre mode de vie. Nous devons remettre la prévention au premier
plan. Les médecins ne devraient pas seulement prescrire des
médicaments et des comprimés, mais aussi de bonnes habitudes, comme
marcher au moins trois kilomètres par jour et perdre quelques kilos
lorsque cela est nécessaire »
, estime-t-il.

Silvio Garattini constate enfin un bénéfice beaucoup plus
immédiat après chacune de ses sorties : « Quand j’ai
terminé, je me sens toujours beaucoup mieux. Et surtout, marcher
m’aide à réfléchir. »
À 97 ans, le scientifique continue
ainsi d’appliquer quotidiennement le principe qu’il défend depuis
des années : rester actif aussi longtemps que possible, avec une
intensité adaptée à ses capacités.

En bref

  • À 97 ans, l’oncologue Silvio Garattini raconte comment il
    marche 5 km par jour à un rythme efficace, loin de la simple
    flânerie en ville.
  • Il détaille les signes d’une marche rapide avec effet aérobie
    et fixe une zone de temps hebdomadaire utile, validée par des
    études comme UK Biobank.
  • Entre cœur, cerveau et lien social, sa manière de marcher 5 km
    par jour esquisse une stratégie de longévité qui interroge nos
    propres habitudes.