Sophie et Marc habitent dans l’Eurométropole de Strasbourg. Ils attendent leur deuxième enfant donc recherchent un véhicule plus grand que celui qu’ils ont. Après plusieurs semaines de prospections sur diverses plateformes en ligne, ils parviennent à trouver un break familial d’occasion. Ils l’ont remarqué, le vendeur est un particulier qui vit dans la Ruhr en Allemagne.
Après quelques jours de discussion, et aidés par un logiciel de traduction, ils annoncent au vendeur qu’ils souhaitent acheter son véhicule. Immédiatement, ce dernier leur demande de verser un acompte pour « réserver » le véhicule. Il les relance plusieurs fois dans la journée. Soi-disant parce que d’autres personnes sont intéressées.
Pour Sophie, c’est hors de question. D’abord, ils n’ont pas vu le véhicule. Ils ont des photos, mais ne peuvent pas savoir s’il est vraiment en bon état. Ensuite, l’insistance du vendeur l’inquiète. Pas rassurés, Sophie et Marc préfèrent renoncer.
Pas d’achat sans l’intégralité des documents nécessaires
Une prudence bienvenue d’autant que, dès le lendemain, ils découvrent une autre annonce pour un véhicule similaire. Il est moins cher, semble bien entretenu et a peu de kilomètres. Par ailleurs, le vendeur est à une trentaine de kilomètres de chez eux, dans le Bade-Wurtemberg. Deux jours plus tard, le couple est en Allemagne. Leur mot d’ordre : ne pas se précipiter. Ils posent de nombreuses questions et regardent attentivement l’état du véhicule. Le petit tour dans le village est concluant.
Mais problème : le vendeur n’a qu’un seul des deux volets de la carte grise allemande. Il ne sait plus où il a rangé le Fahrzeugbrief. Or, c’est sur ce volet qu’il y a la preuve que la voiture a été désimmatriculée, le tampon Abmeldung du service d’immatriculation. Là encore, le couple choisit de reporter l’achat de quelques jours. Sophie souhaite aussi que le vendeur en profite pour réaliser une Gebrauchtwagenprüfung par un centre de contrôle technique et un diagnostic électronique. Deux examens approfondis qui peuvent permettre de détecter certaines incohérences, et notamment de se prémunir contre la fraude kilométrique.
Immatriculation et assurances provisoires allemandes obligatoires
Une semaine plus tard, les revoilà de l’autre côté de la frontière. Cette fois, tout est prêt. Contrôle technique, certificat d’immatriculation complet et même le certificat de conformité communautaire européen (COC) pourtant facultatif. Même si ce n’est pas obligatoire entre particuliers, un contrat de vente a été préparé en prenant comme modèle celui du plus grand club automobile d’Allemagne. Certes, il est en allemand, mais le couple d’Alsaciens a pu le faire traduire pour être certain de le comprendre.
Sophie et Marc ont également pensé à souscrire une assurance responsabilité civile temporaire. Ils ont aussi pris rendez-vous pour le jour même dans le service d’immatriculation le plus proche afin d’obtenir les Ausfuhrkennzeichen , les plaques d’immatriculation d’exportation. Une excellente décision car, sans, ils n’auraient pas le droit de conduire en Allemagne avec leur nouvelle voiture.
De retour en France, il ne leur reste plus qu’à entamer les démarches d’immatriculation auprès de France Titres (ANTS) et à assurer leur voiture. Et, bonne nouvelle, le contrôle technique réalisé en Allemagne est reconnu en France.