Plus de 4.000 personnes ont manifesté à Rouen ce mardi 6 octobre pour protester contre les conditions d’apprentissage des lycéens. Malgré l’annonce de la mise en place d’une plateforme de concertation par le ministre de l’Éducation nationale, la colère ne retombe pas.

Parmi les 4.200 manifestants (selon la préfecture), une majorité de lycéens et d’étudiants composaient le cortège de la manifestation rouennaise ce mardi après-midi. Quelques heures avant que les manifestants s’élancent de la place Joffre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé la mise en place d’une plateforme numérique pour recueillir les doléances de tous les lycéens.

« Je vais essayer d’utiliser la plateforme »

« C’est un bon début mais ça ne suffit pas. Malheureusement, je pense que le gouvernement ne prendra véritablement pas en compte ce que nous cherchons à faire entendre », concède Inès, élève en terminale au lycée Flaubert de Rouen. Parmi les revendications de la jeune fille : des classes moins chargées, des emplois du temps allégés et une réforme de Parcoursup.

L’un de ses camarades, Ulysse, élève en première, ne place pas beaucoup d’espoir dans la concertation numérique lancée par le gouvernement. « Je vais essayer de l’utiliser, mais ça m’étonnerait que ce soit réellement mis en place. Le nombre de fois où c’est arrivé pour qu’au final, ils ne fassent rien…Ça ne marche pas », affirme-t-il.

« Le mépris » du gouvernement

L’adolescent fait notamment références aux cahiers de doléance mis en place par le gouvernement au moment de la crise des « gilets jaunes ». « Ils consultent, ils consultent, mais après ils n’en font rien. Ce qu’on a vu, surtout, c’est qu’après les premières manifestations lycéennes, il y a eu des annonces pour dire que les BTS vont devenir payants l’année prochaine », rétorque Paul Lebouc, enseignant de lettres et histoire au lycée professionnel Les Fontenelles à Louviers. Il dénonce « le mépris » de l’exécutif face à la mobilisation citoyenne.

L’une de ses collègues, Barbara Sobowiek, professeure d’EPS, elle, se veut plus confiante : « C’est déjà un premier pas vers le dialogue. On va voir s’ils vont réussir à répondre à toutes les revendications qui sont légitimes. »

La plateforme en ligne est ouverte aux lycéens jusqu’au 23 octobre. Édouard Geffray a également donné huit jours à chaque académie pour proposer une solution face aux postes d’enseignants non remplacés. À Rouen, élèves et enseignants prévoient de poursuivre la mobilisation tant que des engagements chiffrés ne sont pas annoncés par le gouvernement.