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Cinq mois après la découverte de leurs corps au large de Brighton, la mort de trois sœurs britanniques reste entourée de mystère. Une juge d’instruction a conclu jeudi qu’elles avaient mis fin à leurs jours, dans une tragique répétition du destin de leur mère, morte noyée 16 ans plus tôt.

Leurs corps avaient été repêchés au large de Brighton. Trois sœurs âgées de 31, 32 et 36 ans s’étaient noyées dans la nuit du 12 au 13 mai dernier au Royaume-Uni. Cinq mois plus tard, une juge d’instruction a conclu qu’elles avaient mis fin à leurs jours, rapporte la BBC jeudi 8 octobre. Une issue tragique à une affaire qui avait particulièrement ému outre-Manche, alors que les trois victimes avaient perdu leur mère, elle aussi morte noyée, 16 ans plus tôt.

Jane Adetoro, 36 ans, Christina Walters, 32 ans, et Rebecca Walters, 31 ans, ont été retrouvées mortes au matin du 13 mai, victimes de conditions maritimes défavorables alors qu’aucune d’entre elles ne savait nager.

Les victimes, qui résidaient ensemble à Greenford, dans la banlieue de Londres, menaient « une vie très recluse » depuis le décès de leur mère par noyade survenu en 2010, a décrit la juge d’instruction, Penelope Schofield.

Un trajet nocturne vers le front de mer

Selon l’inspecteur-chef Mark Cullimore, les trois femmes ont d’abord rejoint un quartier de Birmingham proche du lieu de décès de leur mère le 11 mai. Elles ont ensuite gagné la plage de Brighton le 12 mai à 22 h 21, heure locale, en taxi. Le chauffeur Uber a souligné le silence absolu régnant dans le véhicule durant la course.

Des caméras de vidéosurveillance ont immortalisé les sœurs arpentant le front de mer dans l’obscurité. Elles ont été aperçues vivantes une dernière fois à 2 h 42 du matin. Les secours de la RNLI (Royal National Lifeboat Institution) ainsi que les ambulanciers ont ultérieurement récupéré les corps sur le rivage ou en mer.

Des références à l’eau et au suicide retrouvées sur l’ordinateur de l’une des victimes

L’analyse informatique de l’ordinateur de Christina Walters a révélé 227 références à l’eau et 179 références au suicide. Christina souffrait d’anxiété et de dépression depuis la perte de sa mère. Ses deux sœurs ne présentaient pas de suivi médical particulier.

Les analyses toxicologiques post-mortem se sont révélées négatives à l’alcool comme aux drogues, et toute trace de violence a également été écartée.

Assistant aux débats par visioconférence, le père des trois victimes a exprimé sa douleur innommable face à la perte de ses « trois précieuses filles ». Toujours dans l’incompréhension face à leurs gestes, il a dit espérer qu’elles aient retrouvé leur mère « sous la protection éternelle de Dieu ».

Selon la magistrate, le motif exact du choix de la ville de Brighton par les victimes pour leur suicide demeure un mystère. « Il n’appartient pas au tribunal de spéculer et, malheureusement, ces raisons ne seront peut-être jamais connues », a-t-elle conclu.