À l’occasion de la soirée de présentation, ce lundi 5 octobre, le président Alain Bilicki a pris le temps d’expliquer les raisons qui ont poussé l’agglo à sauver le club.
Ce lundi 5 octobre, la halle Louis-Marty a accueilli la soirée de présentation de l’Arago de Sète. Nouvel effectif, dévoilement du maillot et discours de « politique générale » étaient au programme.
Des dépenses subies, d’autres choisies
Un discours au cours duquel le président Alain Bilicki a pris soin de revenir, longuement, sur la situation financière du club. En commençant par la saison 2022-2023, marquée par le tournoi de qualification européenne : « Il n’existait pas lorsque nous avons construit notre budget prévisionnel. Nous arrivons en finale. Conséquence : 75 000 euros de dépenses non budgétisées, que le club a dû absorber sur ses fonds propres. »
L’année suivante, l’Arago a fait l’acquisition de la Maison Adrien-Paillole pour son centre de formation. « Nous avons eu environ 100 000 euros de dépenses, hors financement de l’acquisition. Contrairement à d’autres charges que nous avons subies, c’est un choix et je l’assume pleinement : la formation fait partie de l’ADN de l’Arago. Notre centre de formation est reconnu par le ministère des Sports, seule structure du pays de Thau à l’être. Depuis sa création, trente-trois joueurs formés chez nous sont devenus professionnels, dont six Sétois, et en dix ans notre CFC a remporté quatre titres de champion de France. »
Le coût de l’éloignement
Les deux dernières saisons ont également pesé sur les finances du club, avec les travaux de la halle du Barrou rendus obligatoires par le cahier des charges de la LNV. « Pour l’Arago, cette transition a eu un impact économique important. Nous avons délocalisé nos matchs à Béziers et à Montpellier, perdant une part importante de nos recettes. S’y est ajouté le désengagement de notre partenaire historique, à nos côtés depuis plus de vingt saisons, et celui d’un autre partenaire à la suite d’un accident industriel. Sur ces deux seules saisons, l’impact dépasse 500 000 euros. Avec les 75 000 euros de 2022-2023 et les 100 000 euros de la Maison Adrien-Paillole, ce sont près de 680 000 euros d’impact et d’investissements exceptionnels en quatre saisons. »
Une responsabilité pour l’avenir
La baisse des dépenses générales, avec notamment la réduction de la masse salariale de l’équipe professionnelle et du nombre de joueurs sous convention au centre de formation, n’a pas suffi malgré l’utilisation de la totalité des réserves constituées les années précédentes.
La ville, l’agglo et la Région ont ainsi apporté 120 000 euros d’aides exceptionnelles pour la saison 2024-2025. Et cette année, Sète Agglopôle Méditerranée a décidé d’un nouvel accompagnement exceptionnel, d’un montant de 176 983 €. « Il nous permet de clôturer l’exercice 2025-2026 à l’équilibre et de répondre aux obligations de reconstitution de la moitié des fonds propres fixées par la DNACG. J’y vois la marque d’un attachement à l’Arago, mais aussi une responsabilité : continuer à représenter ce territoire et à y développer notre sport. La situation a parfois été très tendue. Mais dans chaque décision, j’ai voulu préserver l’essentiel : notre projet sportif, notre centre de formation, notre secteur amateur et la place de l’Arago au plus haut niveau. Ces quatre années, nous les avons traversées. Elles sont derrière nous et je suis aujourd’hui tourné vers l’avenir. »
Avec un nombre de licenciés revenu à la hausse, une belle fréquentation les soirs de match au Barrou et, surtout, la sortie de ce tunnel financier, les voyants sont aujourd’hui au vert pour l’Arago. Reprise du championnat le 17 octobre à Toulouse, premier match à domicile le 22 octobre face à Chaumont.
Les supporters retrouvent leur place
Parmi les sujets évoqués par le président Alain Bilicki, cette cinquantième saison consécutive au plus haut niveau national devra se faire avec l’implication du public. « Nous allons créer un kop de jeunes supporters, pour que les enfants et les jeunes licenciés vivent les matchs ensemble, fassent du bruit et grandissent avec la culture de l’Arago et du Barrou. La dynamique est engagée puisque nous avons triplé notre nombre d’abonnés. Je veux que notre public retrouve sa place de septième homme : supporters historiques, abonnés, licenciés, jeunes, familles. Mon ambition est de refaire du vendredi soir un véritable rendez-vous, sportif, familial et populaire, pour les Sétois et pour tout le bassin de Thau. » Voilà qui promet quelques soirées chaudes dans l’antre du Barrou…