C’est la première fois qu’elle participait à ce genre de rendez-vous. Et elle a joué le jeu des questions, de toutes les questions, des journalistes et de la salle, pendant une heure et demie.
Sophie Gourmelen , PDG du groupe Ebra , premier groupe de presse quotidienne régionale (PQR) en France, était, ce vendredi 29 mai, l’invitée des Rencontres matinales de L’Excelsior à Nancy, organisées par SDIC Conseil.
Le groupe Ebra, c’est le premier groupe de PQR français, propriété du Crédit Mutuel Alliance Fédérale , qui fédère neuf grands titres (Le Dauphiné Libéré, Le Progrès, Le Bien Public, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Républicain Lorrain, Vosges Matin, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Alsace et L’Est Républicain).
Avec 800 000 exemplaires vendus au quotidien, le groupe touche plus de 3,5 millions de lecteurs print et environ 20 millions chaque mois via le numérique. Enregistrant près de 480 millions d’euros de chiffre d’affaires mais une perte opérationnelle en 2025 de plus de 10 millions d’euros, le groupe Ebra fait face aux mêmes bouleversements que l’ensemble du secteur.
« L’IA ne remplace pas les journalistes »
Lors des Rencontres, Sophie Gourmelen n’a pas esquivé l’annonce du « Plan stratégique Ebra 2030 ».
La PDG a rappelé les piliers qui guident cette mutation : « Nouveau projet éditorial, accélérer le développement numérique en rajeunissant les audiences, diversifier les revenus avec une montée en puissance de l’événementiel et moderniser les outils ainsi que les organisations de travail, avec le projet des départs volontaires. »
Devant une soixantaine d’acteurs économiques et sociétaux nancéiens et lorrains, Sophie Gourmelen a insisté sur le rôle « primordial » de la « presse de proximité dans la démocratie ».
« Notre groupe perd de l’argent. Si l’on veut rester indépendant, éditorialement et économiquement, nous devons être agiles et nous transformer pour que la PQR continue de relater les faits, en donnant de la hauteur. La PQR, elle, ne se cache pas derrière un algorithme face à ses lecteurs, c’est cela la proximité. Contrairement donc à ce que j’entends, l’IA ne remplace pas les journalistes et le groupe Ebra ne tue pas le journalisme. Nous, on croit en une IA encadrée et je crois aux journalistes de nos rédactions, qui font de l’enquête et qui développent notre présence sur les réseaux sociaux notamment par la vidéo », a dit Sophie Gourmelen.
En matière « d’engagement », la présidente du groupe Ebra a ajouté qu’un des éléments clés des années à venir demeure l’éducation aux médias , en direction des jeunes, des scolaires, des entreprises, mais aussi des séniors.