Le corps d’un homme décédé en novembre 2012 a été retrouvé début octobre dans une chambre froide de la morgue de Toulouse-Rangueil, où il avait été oublié pendant près de 14 ans. Cette découverte a été révélée dans le cadre d’une enquête visant des manquements dans la gestion des scellés du service mortuaire. 

Une mort tombée dans l’oubli. Près de quartoze ans après sa mort, le corps de Michel Meynard, un ancien employé municipal de Castelnau-d’Auzan (Gers), a été retrouvé dans une chambre froide de la morgue de Toulouse-Rangeuil au début du mois, a rapporté La Dépêche vendredi 9 octobre. «Nous avons reçu un appel le 1er octobre. J’ai cru à un gag», a raconté à nos confrères Virginie Busipelli-Beyries, maire de la commune où résidait le défunt. 

Le 5 novembre 2012, un voisin avait donné l’alerte après s’être inquiété de son absence. Michel Meynard avait alors été retrouvé mort à son domicile, où il vivait seul depuis longtemps 

Un corps jamais réclamé

A l’époque, l’autopsie avait conclu à une mort naturelle. Quelques mois plus tard, le parquet d’Auch avait autorisé la restitution du corps et demandé qu’il soit remis à la famille ou que la mairie soit contactée pour organiser ses obsèques. 

Michel Meynard étant divorcé et sans enfants, aucun proche ne s’était manifesté. La municipalité devait alors prendre le relais pour organiser les funérailles. Selon La Dépêche, la mairie de Castelnau-d’Auzan affirme n’avoir jamais été sollicitée par le service mortuaire pendant toutes ces années. Le corps du défunt était ainsi resté dans une chambre froide de la morgue de Toulouse-Rangueil, avant de tomber dans l’oubli…

Depuis sa découverte en début de mois, des recherches sont désormais engagées à Castelnau-d’Auzan pour retrouver la famille de Michel Meynard et permettre enfin l’organisation de ses obsèques. 

Une morgue visée par une enquête 

La découverte de la dépouille de Michel Meynard est intervenue lors d’une inspection des chambres froides de l’établissement menée dans le cadre d’une enquête judiciaire et administrative visant le service mortuaire Toulouse-Rangeuil. Ce dernier s’est vu notamment reproché des dysfonctionnements importants dans la gestion des scellés judiciaires.

En septembre dernier, le CHU de Toulouse avait fait savoir que les corps d’un nouveau-né et de quatre fœtus avaient été retrouvés dans un conteneur de déchets médicaux de la chambre mortuaire de l’hôpital toulousain de Rangueil.