Ils ont marché du Lycée Anne-Sophie Pic, vers Bonaparte. Et vice-versa. Environ 200 lycéens se sont mobilisés et ont donné de la voix, ce vendredi 16 octobre au matin à Toulon. Un petit cortège s’est formé de l’un à l’autre, avant de se disperser avant midi.

C’est la première fois que le mouvement lycéen concerne le lycée professionnel spécialisé dans les métiers de bouche et du tourisme, présenté comme un fleuron et dont les élèves dénoncent l’ambiance rigide, voire cassante.

« Ce matin, la prof nous a menacé de mettre zéro si on sortait, proteste une étudiante. On veut nous dissuader mais on a le droit de s’exprimer. Je pense qu’on ne devrait pas nous menacer. »

« On est sous pression constante »

« On est sous pression constante, il n’y a aucune considération pour l’humain. Pourtant on s’investit, on fait les mini-stages, pour des événements avec des partenaires locaux, on est bénévoles, on ne leur fait jamais honte. » La communauté éducative, direction, prof, CPE, est décrite comme très dure. Pour la direction, il ne s’agit que d’une « exigence » normale et qui correspond aux attendus du métier (lire ci-dessous).

S’il y a des revendications communes à la plupart des manifestants, emplois du temps, équipements, état des locaux « de la moisissure dans les classes », d’autres relèvent de la spécialisation professionnelle, dans le tourisme et la restauration.

Des étudiants en BTS dénoncent des conditions d’apprentissage « sous pression », qui peut mener à des difficultés de santé morale.

Des étudiants en BTS dénoncent des conditions d’apprentissage « sous pression », qui peut mener à des difficultés de santé morale.
So. B Sonia Bonnin

Les critiques portent sur l’intransigeance concernant la tenue obligatoire, tailleur, chemise, chaussures, 450 euros de la poche d’une étudiante en BTS, qui raconte « ses problèmes d’argent ». Elle a travaillé toute l’année scolaire précédente et n’a pas encore touché ses APL.

« On devait passer au milieu et la direction, au micro, critiquait les tenues. »

L’uniforme est un point de conflit récurrent, comme le fait de pouvoir se couvrir quand il fait froid.

Des lycéens de Bonaparte et d’Anne-Sophie Pic, rassemblés devant les deux établissements, ce vendredi 16 octobre à Toulon, à la veille des vacances scolaires.

Des lycéens de Bonaparte et d’Anne-Sophie Pic, rassemblés devant les deux établissements, ce vendredi 16 octobre à Toulon, à la veille des vacances scolaires.
So. B.

« Le jour de la rentrée de septembre, il y avait comme une haie, on devait passer au milieu et la direction, au micro, critiquait les tenues. Si l’uniforme n’était pas complet, on se faisait critiquer, on était « comme des sacs ». « C’était un exercice d’humiliation. Surtout pour le premier jour », témoigne un groupe d’élèves.

« Il ne s’agit pas de dureté, mais de rigueur »

En marge de la manifestation, la proviseure a réagi à ces griefs : « Il ne s’agit pas de dureté, mais de rigueur, estime Claire Stervinou. Cela correspond à la rigueur de la filière. C’est aussi ce qu’on leur demande comme apprentissage. »

En ce qui concerne spécifiquement la tenue, « il s’agit de la norme, au lycée, dans le métier, dans les stages, il est nécessaire qu’ils apprennent à être à l’aise avec ». Cette tenue qui distingue les élèves d’Anne-Sophie Pic, « c’est une fierté et les élèves sont fiers de la porter, c’est une appartenance ».

La revue des tenues au moment de la rentrée scolaire est présentée comme une étape qui peut étonner des élèves qui arrivent du collège, mais « cela correspond à ce qu’on leur demande et ce n’est jamais dit méchamment ».

L’établissement compte 750 élèves, du CAP au BTS, en passant par les bacs professionnels et technologiques.

MIS À JOUR À 12H37 AVEC LA RÉACTION DE LA PROVISEURE DU LYCÉE ANNE-SOPHIE PIC