Voilà, c’est fini. Céline Dion a achevé samedi soir sa résidence parisienne, avec pas moins de 16 dates, du 12 septembre au 16 octobre, à la Plenitude Arena. Une épopée dionisienne rythmée par des émotions exacerbées, entre rires et larmes, prouesses et couacs, éloges et critiques. Il y a les fans, les heureux, les déçus, les seumlards (oui, on vous voit) mais quoi qu’on en dise, cette série de concerts n’a laissé personne – ou quasi – indifférent.

A-t-elle été à la hauteur de l’engouement, que dis-je, de la frénésie suscitée par l’annonce de ce retour, la mise en vente chaotique des billets ou l’arrivée de la star à Paris ? Le consensus semble impossible, mais Céline Dion peut quitter la France avec une certitude : elle l’a fait. « Elle s’est battue, elle est revenue, et elle a tenu, sans annulation », indique Thomas Chaline, auteur-compositeur et biographe culturel, à l’origine de Céline Dion : Une vie en chansons. « Elle a prouvé qu’elle pouvait revenir sur scène et faire un grand show. »

« Un show incroyable » et… sold-out

La star a même donné plus de deux heures de concert chaque soir. Certains se sont attardés sur sa voix, « plus comme avant », mais nous ne l’évoquerons pas, ou très peu. D’abord parce que le sujet a déjà été traité, ensuite parce que les témoignages collectés n’ont jamais, absolument jamais, évoqué ce point. « C’était un show incroyable avec une Céline d’une grâce extraordinaire », estime Alicia. « J’ai trouvé ça magnifique, simple et grandiose à la fois », se réjouit Antoine. « Le concert était absolument incroyable », se souvient Chloé.

« C’est un retour complètement réussi. On voit l’engouement des fans tous les jours devant son hôtel, sa proximité et sa complicité. Il y avait un lien à rétablir avec ses fans français, c’était important pour elle. Et faire une résidence à guichet fermé avec autant de concerts, c’est une prouesse. C’est clairement un retour gagnant »

Tous trois avaient été tirés au sort pour les préventes des concerts. Nous les avions interrogés à ce sujet, et voulions savoir si l’attente, le combat avec le bouton F5 du clavier et le prix des billets valaient (finalement) le coup. La sentence est irrévocable : « oui », « oui » et – on vous le donne en mille – « oui ». Tous les trois sont unanimes, si c’était à refaire, ils n’hésiteraient pas une seconde. « C’était un moment unique », assure Antoine. « On peut dire que c’était le concert de la décennie », renchérit Alicia. A l’image de la plupart des personnes présentes à la Plenitude Arena – 30.000 chaque soir et ça n’a jamais désempli – ces trois heureux ont été conquis par Céline.

Une personnalité « authentique » qui fédère

Xavier, qui a assisté à plusieurs concerts, l’assure aussi : « Le premier soir, sa voix était nouée par l’émotion, mais c’était beau à voir, et au fil des concerts elle s’est libérée ». Mais plus que sa voix qui a fait tant parler, c’est l’authenticité et la sincérité de la diva qui a touché les fans. « Elle aurait pu tout faire en playback, ne pas assumer ses fragilités, mais elle nous a fait le cadeau de revenir telle qu’elle est », poursuit Xavier. C’est aussi ce qui fait que Céline Dion est… Céline Dion depuis plus de quarante ans. « Elle est restée fidèle à ses valeurs, elle a été authentique et n’a pas triché », observe Thomas Chaline.

« Faire ce qu’elle a fait, malgré cette maladie, c’est incroyable. Pour y parvenir, elle a été obligée de ne faire que ça : chanter, répéter, reposer sa voix… Ca demande des sacrifices énormes. Elle a vécu des choses difficiles, mais elle a donné tout ce qu’elle avait à donner et est restée elle-même. C’est beau. »

Céline Dion a fédéré les fans et moins fans, français ou étrangers, pendant plus d’un mois. Juste avant le 12 septembre, Trainline faisait état d’une hausse de 96 % de passagers à destination de Paris pour ses premiers concerts. Lesquels venaient de France, mais aussi de grandes villes européennes comme Zurich (+ 420 %), Barcelone (+ 206 %) ou Londres (+ 205 %). Nombreux sont les touristes qui se sont déplacés pour vivre cet événement, anonymes comme célébrités. Michelle Obama, Julia Roberts, Rihanna (deux fois), Kim Kardashian, Oprah Winfrey, Jean-Jacques Goldman ou Zizou (entre autres) ont tous pris place dans les gradins (ou en loges) pour kiffer.

Des tubes (et une note) qui rendent zinzins

Tout dans les shows de Céline Dion a fait parler. Au-delà de sa voix, la scénographie, les interludes, les musiciens et ses tenues (une Fashion Week à part entière), ce sont bien évidemment les tubes de la diva qui ont permis au public d’exulter. Alicia évoque « l’émotion » dès les premières notes d’On ne change pas ou « la foule en délire après la note d’All by Myself. Mais c’est bien évidemment Pour que tu m’aimes encore qui a frappé les esprits, tel « un hymne » qui a permis au public de communier avec l’artiste. « C’était parfait », résume Alicia. « On a chanté comme des folles », sourit Chloé.

« C’était génial de voir plusieurs concerts parce qu’il y avait une émotion énorme le premier soir, sa voix incroyable, et le plaisir de la retrouver avec des chansons qu’elle n’avait jamais chantées »

My Heart Will Go On, S’il suffisait d’aimer, J’irai où tu iras… La star a enchaîné une vingtaine de tubes, dont certains hors répertoire. « Avec le medley et l’opéra, elle a prouvé qu’elle était capable d’innover », se réjouit Xavier. La magie a opéré et ses titres, eux, se sont offert une cure de jouvence. Fin septembre, le catalogue de Céline Dion a dépassé les 4 millions d’écoutes quotidiennes sur Spotify avec, pour certains morceaux, une hausse de plus de 500 %. Si certains ont relevé l’absence de ferveur du public anglophone pour les titres en français, ça ne devrait pas durer. Pour que tu m’aimes encore compte parmi les chansons qui montent en Allemagne, aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis.

Des bémols et des couacs « anecdotiques »

Tout n’était bien évidemment pas parfait. « Il est impossible d’enchaîner seize concerts avec autant de pression et d’enjeux sans le moindre couac », indique Thomas Chaline. Alicia a assisté au fameux concert où Céline Dion a chuté et eu un trou de mémoire. « On ne pensait pas que les médias allaient relever ce fait qui pour nous était absolument anecdotique. » Le biographe culturel rappelle de son côté : « Certains artistes font le Stade de France avec un prompteur. Elle a oublié les paroles, mais ce n’est rien, et ça a même donné lieu à un moment de communion avec le public. » A en croire les personnes présentes, ce n’est pas ce qui restera en mémoire.

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Parmi les bémols, il y a donc quelques fausses notes, une chute, un oubli de paroles et des déceptions sur la setlist – certains auraient voulu Prière païenne, Sous le vent ou Je sais pas. Mais pas de quoi gâcher le bonheur du public. « Il faut retenir l’aspect émotionnel de cette résidence, pas les couacs », estime Thomas Chaline. Au-delà du show en tant que tel, Céline Dion a tout simplement fait du bien. « Quand la société va mal on a besoin de ces marqueurs positifs qui nous rappellent un passé plus doux », indique le biographe. Finalement, n’est-ce pas le plus important ? Céline Dion a fait rêver, chanter, danser et, plus encore, elle a rassemblé. Et d’ici mai, ça risque fort de manquer.