La façade est toujours debout, mais derrière elle, une grande partie de l’hôtel de ville de Limoges n’est plus qu’une coquille vide. Au lendemain des violences qui ont émaillé la manifestation du 17 octobre, l’incendie qui a ravagé le bâtiment historique était « circonscrit » dimanche matin, a annoncé le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, sur LCI.

« Les pompiers sont en train d’éteindre les dernières braises », a-t-il précisé, dénonçant un incendie volontaire. « C’est sciemment que le feu a été mis », a-t-il affirmé, en fustigeant les auteurs du sinistre.

L’édifice du XIXe siècle, dont l’architecture s’inspire de l’hôtel de ville de Paris, a subi des dégâts considérables. Sa toiture s’est effondrée et la partie historique du bâtiment est « quasi 100 % détruite » à l’intérieur, selon le préfet. Seule la partie arrière, plus moderne, a pu être préservée grâce à l’intervention des pompiers.

Dimanche matin, le beffroi avait disparu et de nombreuses vitres étaient éclatées. Devant l’édifice, sur la margelle de la fontaine, on pouvait lire l’inscription « Vive la commune ».

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« L’émotion mêlée de colère » du maire

Au micro d’Ici Limousin samedi soir, Guillaume Guérin, maire de Limoges, a exprimé son émotion face à la destruction de ce monument emblématique de la ville. « C’est un monument qui brûle, mais ce n’est pas la République », a-t-il déclaré, témoignant d’un sentiment mêlant tristesse et colère devant l’ampleur des dégâts.

Cet incendie est survenu au cours d’une journée de mobilisation qui a dégénéré dans plusieurs villes de France. À Limoges, environ 5 000 personnes ont participé au rassemblement organisé contre le coût de la vie, selon les autorités. De violents affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l’ordre, notamment aux abords de la mairie.

Des individus ont brisé des vitres pour pénétrer dans le bâtiment avant d’y mettre le feu. « Il y avait énormément de casseurs devant l’établissement », a expliqué Maurice Barate sur LCI, évoquant environ 800 personnes qui ont dû être dispersées par les forces de l’ordre.

« Il y a des responsabilités qu’il faudra aller chercher »

Sur RMC, Guillaume Guérin a également exprimé sa colère face aux circonstances de l’incendie et aux violences commises dans la ville. Le maire a dénoncé des actes qu’il attribue à des individus organisés et méthodiques, estimant qu’il ne s’agissait pas de simples dégradations.

Selon lui, des policiers municipaux présents dans la mairie ont réussi à quitter les lieux après avoir été menacés de mort par des individus entrés dans le bâtiment. « Il y a des responsabilités qu’il faudra aller chercher, mais en tout cas elles ne sont pas du côté des policiers », a-t-il déclaré.

17 personnes en garde à vue, dont sept mineurs

Le parquet de Limoges a ouvert une enquête en flagrance pour « destruction d’un bien par moyen dangereux en bande organisée ». Les investigations ont été confiées à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges.

Dimanche matin, 17 personnes étaient en garde à vue, dont sept mineurs, a indiqué la procureure de la République de Limoges, Émilie Abrantes, dans un communiqué. Ce bilan intervient après plusieurs interpellations effectuées à la suite des violences.

Les dégradations ne se sont pas limitées à l’hôtel de ville. De nombreux commerces du centre-ville ont été pillés. Des particuliers ont également été pris à partie, parfois violemment, en marge des attroupements, selon la procureure.

Au lendemain de ces événements, les autorités doivent désormais mesurer l’étendue des dégâts dans la mairie et poursuivre les investigations pour identifier les auteurs de l’incendie et des autres dégradations. La destruction d’une grande partie de l’édifice historique laisse la ville face à un chantier de reconstruction dont l’ampleur reste à déterminer.