Malgré sa jeunesse, le PSG ne tombera pas dans le piège en pensant que toutes les finales peuvent aussi bien finir, avec une Coupe et sans souffrir et même de la gestion à l’heure de jeu. Une semaine avant Munich et la Ligue des champions contre l’Inter Milan, il s’est à peine fatigué pour décrocher un nouveau doublé Coupe – championnat, le deuxième de l’ère Luis Enrique, qui aura donc d’ores et déjà réussi à faire mieux que la saison dernière. Le voilà nanti des deux titres nationaux, d’un Trophée des champions et donc en finale de la plus prestigieuse et plus relevée des compétitions entre clubs au monde.
Il ne tirera sans doute rien de cette large victoire en Coupe de France contre des Rémois bloqués dans un espace-temps compris entre le nul et le médiocre. Mais il pourra quand même s’en servir pour gonfler la confiance du moment de son équipe, rallier Munich dans la joie et un climat d’euphorie, avec des joueurs toujours aussi armés pour passer du rien d’une fin de championnat sans enjeu à la concentration des grands soirs, avec une Coupe de France en jeu.
Prêt pour le plus grand défi de son histoire
Il n’avait pas de doutes mais si l’Inter croit les Parisiens un peu déconnectés, le succès au Stade de France rappelle l’appétit intact et vorace du PSG, prêt pour le plus grand défi de son histoire à l’Allianz Arena. Il n’y a aucune ombre au tableau et si Khvicha Kvaratskhelia n’a pu participer à la rencontre et a été renvoyé chez lui à la pause, c’est parce qu’il souffrait de migraines. Il est possible que malgré tout, il donne mal à la tête aux Intéristes dans une semaine, quand il aura avalé les Doliprane nécessaires.
On ne savait pas que le media day du PSG consistait à ouvrir un deuxième entraînement du club dans la semaine. Après mercredi, la séance du Stade de France n’a donné lieu à aucune cocasserie comme Luis Enrique juché sur une nacelle mais le match a été un aller sans retour, une marche à sens unique, aussi implacable qu’annoncée. Reims n’a pas résisté. L’équipe de Samba Diawara a simplement pris ses marques, surtout vu sa moitié de terrain sans jamais rien comprendre à l’opposition ni à l’enjeu, dépassé à chaque instant.
Paris avait décidé de sortir Ousmane Dembélé de la densité de la défense à cinq champenoise pour distribuer et distiller des ballons dans le dos de la défense. Les Rémois n’ont jamais trouvé de parade et peut-être même jamais cherché à en trouver une, récitant du par cœur, sans passion ni adaptation.
Reims n’avait pas envie d’être là
Face à ce catéchisme d’un autre âge, les partenaires de Marquinhos se sont amusés de toutes les largesses tactiques et des facilités offertes, avec un but en contre pour commencer, amené grâce à la vista de Désiré Doué avant que l’ancien Rennais, qui a dû apprécier la victoire en Gambardella des Bretons quelques heures plus tôt, ne redouble sa passe décisive, les deux fois pour un Bradley Barcola enfin juste face au but. Ou quand DD et BB s’occupent de tout pour ramener la 16e Coupe de France de l’histoire du club.
Deux buts en trois minutes qui ont achevé un adversaire venu en victime expiatoire, provoquant un haussement des bras de Samba Diawara, l’air de dire sur le bord de la touche : les gars, ce n’est pas possible. Décidément intenable, Barcola a parachevé la démonstration avec une offrande cette fois pour Achraf Hakimi qui aura joué attaquant toute la rencontre.
Le Marocain n’avait rien à surveiller dans son camp, Reims se montrant incapable de produire quatre passes réussies d’affilée. Ils n’avaient pas envie d’être là et cela s’est vu. Ils espèrent pouvoir dire en juin qu’ils ont perdu la Coupe de France contre les champions d’Europe.
Feuille de match
Mi-temps : 3-0.
77 101 spectateurs.
Arbitre : M. Bastien.
Buts. Barcola (16e, 19e), Hakimi (43e).
PSG : Safonov – Hakimi, Marquinhos, Pacho (Hernandez, 61e), Mendes (Beraldo, 61e) – Neves (Mayulu, 71e), Vitinha (Zaïre-Emery, 71e), Ruiz – Barcola, Dembélé, Doué (Ramos, 71e). Entr. : Luis Enrique.
Reims : Diouf – Sekine, Okumu (Moscardo, 46e), Gbane, Kipré, Akieme – Ito (Tia, 46e), Atangana, Am. Koné (Patrick, 74e), Nakamura (Diakhon, 63e) – Siebatcheu (Diakité, 46e). Entr. : Diawara.