Par
Hervine Mahaud
Publié le
25 mai 2025 à 6h10
C’est le genre de commerce que l’on aimerait voir plus souvent à Lille. Mais face aux nombreuses difficultés auxquelles doivent faire face les indépendants, sans compter la crise du secteur de l’habillement, il est devenu rare de croiser des boutiques comme celle de Clara. À 26 ans, la Lilloise est à la tête d’Être, qui a déménagé de l’avenue du Peuple Belge pour rouvrir rue Lepelletier fin mars 2025. Depuis deux ans, le concept store propose des vêtements pour femmes, mais avec des marques que l’on ne retrouve pas à chaque coin de rue. L’expertise et la bonne humeur communicative de la cheffe d’entreprise ont permis de fidéliser une clientèle, avide de nouveautés et de conseils bienveillants. La jeune femme aurait-elle réussi à trouver la formule magique pour réussir, alors que les boutiques de prêt-à-porter ferment les unes après les autres ?
Un concept différent qui a réussi son pari
Le pari de départ était pourtant très osé. Ouvrir une boutique dans une zone confidentielle – l’avenue du Peuple Belge – avec des marques peu connues car inexistantes à Lille. « On a une dizaine de marques, surtout scandinaves ou des pays nordiques. Je suis très à l’affût sur les réseaux sociaux pour proposer quelque chose de différent. C’est assez risqué car, même si les clients aiment la nouveauté, ils sont parfois frileux avec de nouvelles marques. »

À l’opposé des grandes chaînes insipides, l’accueil de Clara est chaleureux. Et ses conseils sont toujours bienveillants. ©Hervine Mahaud
Épaulée dans l’aventure par son mari Corentin, Clara croit dur comme fer à son concept et réussit à faire d’Être un lieu de destination. « On ne voulait pas ouvrir dans le Vieux-Lille car on voulait être un lieu à part et se différencier de ce qui se faisait. » En deux ans, Clara se constitue une belle clientèle, des femmes surtout, qui lui font entièrement confiance.
« Ce n’est pas juste une boutique de fringues, c’est plus que ça. Mon but, c’est que mes clientes ressortent en ayant une tenue qui leur plaît et qui les mettent en valeur. Je veux qu’elles ressortent reboostée », explique la conseillère en image.
D’un lieu confidentiel à l’une des plus belles rues de Lille
En septembre 2024, son mari Corentin ouvre Cosmo, son bar branché dans le Vieux-Lille. Clara, désormais seule en boutique, réfléchit à l’avenir d’Être. « J’ai voulu me réappropier le concept à 100% alors j’ai cherché un nouveau local. Quitte à partir, autant s’installer dans une rue passante. Je savais que mon concept plaisait mais il fallait que les gens trouvent la boutique plus facilement. »
Après avoir visité une quinzaine de locaux dans le Vieux-Lille, un agent immobilier lui propose un emplacement de rêve, au 35 rue Lepelletier, là où s’était installé le café Q de Bouteilles. « J’ai commencé à travailler comme vendeuse dans une boutique de cette rue. Et aujourd’hui je retrouve des commerçants qui m’ont connue quand j’avais 18 ans. »

Une adresse rare, à contre courant de ce que l’on retrouve habituellement dans les centres-villes.Certaines marques sont distribuées en exclusivité ici. ©Hervine Mahaud
Aujourd’hui âgée de 26 ans, Clara est devenue une cheffe d’entreprise qui a fait ses preuves. Elle a pourtant encore du mal à réaliser qu’elle est en train de réussir son pari. « J’ai un peu le syndrome de l’imposteur car le secteur de l’habillement est en crise. Je vois les boutiques de prêt-à-porter fermer les unes après les autres. Alors oui, j’ai peur mais je ne veux pas avoir de regrets et je veux faire ce que j’aime. »
Un métier stressant mais passionnant
Désormais implantée dans l’une des rues les plus fréquentées du Vieux-Lille, Être a gagné en visibilité. Alors Clara a du adapter son offre. « Je dois prendre en compte que j’ai plus de passage et gérer mon stock en fonction de cela. »

Alors que le secteur de l’habillement fait grise-mine en France, le concept store Être tire son épingle du jeu grâce à sa singularité. ©Hervine Mahaud
Les commandes se préparent un an à l’avance, un exercice difficile car « il y a un équilibre à trouver d’une année sur l’autre. Cela peut être stressant comme métier mais c’est ce que j’aime : être stimulée. » Et même si la période est compliquée pour le secteur du textile, Clara n’oublie pas qu’elle doit sans cesse avoir des « propositions pour celles qui veulent de la nouveauté. J’ai des arrivages toutes les semaines, avec toutes les gammes de prix mais toujours des produits qualitatifs. »
« Lorsque je fais mes sélections, je pense toujours à mes clientes. Parfois je me dis : ‘Ça, c’est fait pour elle, elle va adorer !’ »
Prochainement, la fondatrice d’Être espère pouvoir embaucher une personne pour l’aider à la boutique. « Cela me permettra de me dégager du temps car j’ai plein d’idées en tête pour faire évoluer Être ! » Elle voudrait bientôt proposer une nouvelle gamme d’accessoires « girly » pour le quotidien et des idées cadeaux. Bien d’autres choses se préparent, alors pour ne rien louper, suivez le concept store sur Instagram.
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