Une infirmière, qui exerçait au pays de Galles (Royaume-Uni), a été radiée pour fautes professionnelles, a rapporté la BBC, le 16 octobre dernier. Pendant plusieurs années, la professionnelle de santé a soutiré 750.000 livres sterling, soit un peu plus de 895.000 euros, à une nonagénaire qui résidait dans la maison de retraite dont elle était la directrice adjointe.
Les investigations ont commencé après un signalement de la banque de la victime. L’agence avait même fini par bloquer le compte de la retraitée. L’infirmière avait alors essayé de faire lever les restrictions, en se rendant dans une agence avec la nonagénaire. Choquée par les sommes dépensées, cette dernière, qui est décédée depuis, a toutefois refusé d’engager des poursuites contre celle qu’elle estimait être son amie et a assuré qu’elle avait « tiré les leçons de ses erreurs ».
Une retraitée vulnérable et sans famille
L’enquête a montré que la directrice adjointe connaissait la victime bien avant 2018, année pendant laquelle la retraitée a intégré l’établissement de la mise en cause. Sans famille, la vieille dame se trouvait dans une situation de vulnérabilité depuis une chute.
Entre 2017 et 2023, l’infirmière a abusé de la confiance de la nonagénaire en devenant sa mandataire, tout en supervisant ses soins. Elle a notamment prélevé et retiré des espèces sur le compte de la femme, s’est fait transférer la propriété de sa maison. Avec l’argent, la mise en cause a financé des travaux, acheté un camping-car et une voiture, réglé des factures ou encore régularisé ses impôts locaux. Des « allégations suggèrent qu'[elle] a utilisé une partie de ces sommes pour financer des interventions de chirurgie esthétique », ont été évoquées par le tribunal.
« Moralement coupable »
L’infirmière s’est défendue en affirmant que les travaux à son domicile avaient pour but de préparer l’installation de la nonagénaire en cas d’une nouvelle vague de Covid. Or, ils avaient été payés bien avant la mise en place du premier confinement au Royaume-Uni. Elle a également affirmé que les retraits d’espèces avaient été réalisés pour des dons à des associations caritatives, sur instruction de la victime.
Dans ses conclusions, l’organisme chargé de réguler les activités des infirmières et des sages-femmes a qualifié les actes de la mise en cause de « déplorable » et a affirmé qu’elle était « moralement coupable », évoquant une préméditation.