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Bordeaux Brazza, naissance d’un quartier : notre dossier

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« Sud Ouest » propose une série de reportages au sein du quartier Brazza, récemment sorti de terre au pied du pont Chaban-Delmas. Commodités, immobilier, circulation et stationnement, éducation… Comment les habitants s’approprient-ils les lieux ?

À l’échelle du mandat municipal en cours (jusqu’en 2032 ou 2033), ce sont près de 20 000 nouveaux habitants qui vont s’installer dans le secteur, portant la population totale vers les 45 000 âmes. L’équivalent d’un quartier historique comme Caudéran, virtuellement la 12e « ville » la plus peuplée de Nouvelle-Aquitaine.

Dans cet ensemble, Brazza gagne à être connu. Vie de quartier, infrastructures scolaires, commerces, mobilités, adaptation des logements au changement climatique : « Sud Ouest » a contribué à en lever le voile dans une série d’articles. Mais Brazza reste encore à découvrir pour qui ne fait qu’en longer le quai. Implanté sur 53 hectares d’anciennes friches industrielles polluées et inondables, avec 45 % des projets immobiliers réalisés, le défi principal reste son accessibilité.

Marc Lafosse, maire adjoint du quartier de la Bastide.

Marc Lafosse, maire adjoint du quartier de la Bastide.

Guillaume Bonnaud / SO

Désenclaver

En bord de Garonne, le quartier a longtemps renvoyé l’image d’un front bâti massif et fermé. « Aujourd’hui, on a un peu l’impression d’être en bordure d’une forêt équatoriale où l’on n’arrive pas à rentrer », illustre Marc Lafosse, adjoint en charge du fleuve et maire adjoint du quartier de la Bastide.

L’ex-« parkway » de l’ancienne municipalité écologiste a subi un coup de rabot, ramené de 18 à 10 millions d’euros

Pour ouvrir cette « forteresse », le projet « Quais rive droite » va entrer dans sa phase active. Comme cela a été détaillé aux habitants lors d’un conseil de quartier, le 20 octobre dernier, il prévoit des carrefours à feux pour faciliter l’entrée dans le cœur du quartier.

Si l’ex-« parkway » de l’ancienne municipalité écologiste a subi un coup de rabot, ramené de 18 à 10 millions d’euros par le nouveau maire et président de la Métropole Thomas Cazenave, économies budgétaires obligent, il va sécuriser les voies piétonnes et cyclables.

Une urbaniste spécialiste des flux

Face à cette forte montée en puissance des nouveaux quartiers, la priorité municipale est d’éviter la juxtaposition d’îlots isolés. « L’objet du mandat, c’est de faire du liant avec ces cinq secteurs de vie. L’articulation des cinq quartiers de la Bastide les uns par rapport aux autres est une priorité très forte pour moi », martèle Marc Lafosse.

Comment insérer le flux de nouveaux habitants à Brazza sans saturer des ponts déjà proches du point de rupture ? La réponse imaginée passe par un dosage entre mobilités décarbonées – prolongement du parc aux Angéliques, arrêt de la navette fluviale Bato à l’horizon fin 2027, tracé prioritaire du tramway – et le maintien d’une mixité des occupants.

L’articulation de l’ensemble est désormais pilotée par une urbaniste spécialiste des flux, Madeleine Masse, architecte urbaniste et présidente fondatrice de l’Atelier Soil. Elle prend la suite de Youssef Tomé, l’architecte concepteur historique de Brazza, qui n’a pas participé au nouvel appel d’offres en 2026. Son objectif : briser l’impression d’austérité depuis les quais.

La relation au fleuve

Entre les lignes de cette métamorphose, le rapport à la Garonne. Historiquement regardée comme un obstacle ou une zone franche industrielle, la rive droite cherche désormais sa propre identité sans se poser en simple « cité-dortoir » du centre historique. « La Bastide a une relation intime incroyable avec son fleuve. Il faut qu’il ne soit plus une frontière », souligne Marc Lafosse.

L’élu compte aussi s’appuyer sur le dynamisme associatif du quartier, en particulier sportif, pour ouvrir l’espace public à la population.

« La Bastide a une relation intime incroyable avec son fleuve. Il faut qu’il ne soit plus une frontière »

L’équation est complexe. L’occupation des « volumes capables » originellement destinés à l’artisanat et la cohabitation avec des fleurons industriels comme le chantier naval CNB (groupe Benneteau), premier employeur privé de Bordeaux avec un millier de salariés, restent à concrétiser.

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Quatre ans après l’arrivée de ses premiers résidents, le quartier peine toujours à faire décoller ses commerces, notamment de proximité, qui se comptent encore sur les doigts d’une main. En cause, un urbanisme jusque-là peu propice, des freins administratifs, des habitudes à prendre, un contexte morose… Mais les choses vont bouger, promet-on

Marc Lafosse est intimement convaincu que Brazza, et plus largement la Bastide, ne manque pas d’atouts : « On y trouve une qualité de vie très différente de celle de Bordeaux. On est dans Bordeaux tout en étant un peu dans un petit village. »