« Qu’est-ce qu’ils ont bien pu faire de cette toile… c’est fait sur mesure ! », soupire Bernard, depuis la maison qu’il habite depuis près de 30 ans à Saint-Marcel, dans le 11e arrondissement de Marseille. Le 2 septembre dernier, alors que la chaleur de l’été se fait encore pesante, il est surpris de trouver le sol humide, dans son jardin, l’après-midi. C’est juste avant de découvrir l’état de sa piscine, du moins, ce qu’il en reste. Les 15 mètres cubes d’eau qu’elle retenait encore la veille ont été brutalement rendus à la nappe phréatique, et le liner, cette membrane étanche posée dans le cadre de bois hors sol, a disparu.
La précieuse toile en polymère a en fait été découpée et emportée sans plus d’explication. « Ils n’ont même pas touché à la pompe ni aux outils qui se trouvaient à côté, ils ont juste découpé et embarqué le liner, c’est complètement absurde », résume la victime, qui a déduit d’une succincte enquête de voisinage, aboiements nocturnes à l’appui, que les faits avaient dû se dérouler au cours de la nuit précédente.
« Un vol de liner, ça n’arrive jamais »
La suite rappelle, en 2026, « l’expérience utilisateur » d’à peu près n’importe quel justiciable victime d’un fait juste assez sérieux pour le convaincre d’aller déposer plainte, mais pas assez pour espérer mieux qu’un récépissé à transmettre à l’assurance. « C’est toute une histoire… », s’excuse d’emblée Bernard, qui n’avait encore jamais eu à contacter la police. « Naïvement, j’ai appelé le 17. Mais au bout d’une demi-heure, on m’a expliqué que c’était seulement pour les urgences. Auquel cas, il fallait que j’attende… », rit le retraité, finalement invité à se rendre au commissariat, car « on ne se déplace pas pour ça ».
S’ensuivent deux rendez-vous avant d’obtenir le précieux récépissé, « pour l’assurance, surtout », entrecoupés d’une pré-plainte en ligne. « Je ne suis pas vraiment né avec l’informatique, mais j’ai appris beaucoup de choses avec cette histoire », sourit encore l’octogénaire qui se heurte alors à un nouvel obstacle : « L’assurance m’a dit que c’était dans mon jardin et que je n’étais pas assuré pour ça. Enfin, il y a bien des assurances pour la piscine, mais pas pour ça, parce qu’un vol de liner, ça n’arrive jamais… »
Comme les policiers, les piscinistes auxquels le retraité a, depuis, raconté sa mésaventure, ne serait-ce que pour envisager une réparation, sont restés tout aussi interloqués. « J’avais remplacé le liner l’an dernier, ça m’avait quand même coûté 3 000 €, glisse l’octogénaire, avant de sourire à nouveau. Je me suis dit que cette fois, ça allait attendre le printemps. Enfin, si je suis encore en vie ! »