La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, le 20 mai 2025 à Banff, dans l’Alberta, au Canada. ( AFP / Cole Burston/ )
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a critiqué lundi le « langage terrible » du président Donald Trump à l’égard de l’Union européenne, en réponse à ses commentaires selon lesquels le bloc aurait été formé pour « nuire » aux États-Unis.
Elle a déclaré à la chaîne allemande ARD que les États-Unis avaient encouragé la formation de l’Union européenne, ajoutant qu’affirmer « qu’elle avait été créée dans l’intention de réellement porter atteinte aux États-Unis est complètement contre-intuitif. Cela va à l’encontre de l’histoire. Et ce n’est certainement pas le but de cette région ».
Le président américain a fait ce type de commentaires sur l’UE plus tôt cette année lorsqu’il a menacé de frapper le bloc avec de lourdes taxes douanières en raison de son excédent commercial avec les États-Unis.
Mme Lagarde a estimé que les remarques de Donald Trump faisaient « partie de la provocation habituelle à laquelle nous nous habituons, malheureusement », mais elle a encouragé l’UE à dialoguer avec les États-Unis pour essayer de parvenir à un accord.
Dans sa dernière attaque contre l’UE, le président américain a menacé vendredi d’imposer des droits de douane de 50% sur le bloc à partir du 1er juin, estimant que les négociations « n’avancent nulle part ».
Mais il a ensuite accepté dimanche de reporter la date fatidique de la mise en place des droits de douane sur les exportations de l’UE jusqu’au 9 juillet après un appel téléphonique avec le chef de l’UE Ursula von der Leyen.
Pour Christine Lagarde, on ne peut pas « simplement rester les bras croisés et faire semblant ».
« Nous devons engager le dialogue, nous devons travailler avec son équipe et nous devons écouter leur proposition. Nous devons faire des propositions et nous devons négocier », a-t-elle martelé.
L’UE reste soumise à une taxe de 10 % que Donald Trump a imposée le mois dernier sur les importations de presque tous les pays du monde, ainsi qu’à des droits de douane de 25% sur les voitures, l’acier et l’aluminium.
Le responsable du commerce de l’UE et son homologue américain devaient s’entretenir lundi après-midi après que Donald Trump a fait marche arrière sur les droits de douane de 50%, selon la Commission européenne.