C’est la douche froide pour de nombreux adhérents de l’ASPTT (1) Toulon. Ce lundi 26 mai, le bureau a décidé de mettre en sommeil la section basket-ball de l’association omnisports.
Une décision « injustifiée et brutale », qui laisse sur la touche 244 adhérents de tous âges, comme le dénonce le président du comité du Var de basket, Patrick Collette.
« C’est catastrophique pour tous ces jeunes et moins jeunes, enrage le dirigeant. On a là des histoires d’adultes qui, je pense, vont faire payer cher à tous les adhérents. C’est inadmissible. »
Papa d’un jeune basketteur toulonnais, Florian (2) est tout aussi surpris, alors qu’une détection avait pourtant été organisée ce mercredi: « Ils ont encore fait un tournoi la semaine dernière. Ça fait ch… Il va falloir trouver un nouveau club la saison prochaine. »
Pas de places dans les autres clubs?
Problème: les licences disponibles se font rares dans les clubs de basket du secteur. Depuis 2020, le nombre de licenciés dans le département est passé de 4.000 à 6.200. Lors de la dernière intersaison, 1.500 amateurs de la balle orange avaient ainsi dû être refusés, faute de places.
« Il y a aussi le problème du nombre limite de cinq joueurs mutés par feuille de match pour chaque équipe. C’est-à-dire qu’un entraîneur ne pourra pas aligner dix recrues qui viendraient de l’ASPTT. Alors, qu’arrivera-t-il aux autres? », s’interroge Michael Airal.
Propulsé directeur de la section basket en juin 2024, ce chef d’entreprise varois est tombé des nues lors du dernier comité directeur de l’association.
C’est là que treize des vingt-deux directeurs de section de l’ASPTT ont voté en faveur de la fermeture de sa section, après un sévère réquisitoire du président général, qui n’a pas répondu à nos sollicitations.
« Pendant la réunion, il m’a reproché de ne pas laisser les autres sections utiliser le gymnase Piani. J’ai expliqué que j’avais vingt et une équipes féminines et masculines à gérer, des U7 aux seniors, dont certaines avec trois entraînements par semaine, en plus des dix matchs le week-end », explique Michael.
Le bénévole a par la suite fait l’objet de remontrances sur d’autres sujets encore, de l’envoi de mails tardifs aux modalités de paiement des entraîneurs en passant par la présence dans le staff d’une équipe féminine d’un ancien dirigeant de l’ASPTT, désormais persona non grata au sein du bureau.
Bientôt une réunion avec la mairie
Mais s’il s’est défendu et justifié face à chaque accusation, l’actuel directeur du basket n’a pu convaincre la majorité de ses confrères: « C’est un échec pour moi. Je pense aux enfants et à tous ceux qui se sont démenés cette année pour que les licenciés continuent à pratiquer le sport qu’ils aiment et ce, malgré la situation dans laquelle j’ai repris la section. (…) Depuis mon arrivée, j’ai fait rentrer énormément de partenaires, de donateurs, j’ai augmenté de 5% le prix des licences… Les parents, eux, ne comprennent pas, car nous sommes autonomes financièrement. »
Malgré tout, Michael Airal ne compte pas lâcher l’affaire: « On essaye actuellement de trouver des familles pour faire changer cette décision. Et on cherche aussi des solutions car même si, demain, on crée un club en arrivant à s’arranger avec la commune de Toulon ou de La Valette, ce problème du nombre de mutations va se reposer. »
Révolté face à cette mise en sommeil qui prendra effet dès la fin du mois de juin, Patrick Collette affirme également vouloir faire son possible pour « ne pas laisser les familles comme ça »: « C’est un club qui fonctionne, qui marche bien, donc on n’est pas du tout d’accord avec cette violence. Il y a toujours des arrangements à trouver pour qu’il puisse subsister. »
Aussi, la mairie de Toulon a prévu de réunir les différentes parties vendredi prochain, dans le but d’évoquer l’avenir des pratiquants. « Car même si l’ASPTT reste souveraine de ses choix, il est de notre responsabilité de tout faire pour qu’ils maintiennent leurs pratiques sportives », souligne l’adjoint au sport, Laurent Bonnet.
Une chose est sûre: le match pour l’avenir des membres de la section basket ne fait que débuter.
1. Association sportive des postes, télégraphes et téléphones.
2. Le prénom a été changé.