Les faits remontent à près de trois ans au sein du magasin Aldi de Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier. Présentées dernièrement devant la justice, les deux prévenues, mère et fille, ont été reconnues coupables et condamnées à huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire durant deux ans.

C’est l’histoire d’un contrôle de sac qui tourne mal. Les faits remontent au 11 août 2022, en milieu d’après-midi, au supermarché Aldi de Saint-Jean-de-Védas. La responsable adjointe de la structure aperçoit deux clientes, semble-t-il connues pour des petits larcins et des chèques sans provision, placer un paquet de chewing-gum dans leur sac à main. Elle les laisse finir leurs courses et, juste après avoir payé, demande à une caissière de les contrôler.

C’est à ce moment-là que la situation a dégénéré. Selon sa déposition, cette mère et sa fille, âgées respectivement de 21 et 39 ans à l’époque, l’ont violemment agressée en l’attrapant d’abord par les cheveux. Puis en lui jetant un pot de fleurs dessus. Avant de la frapper au sol à coups de pied.
« T’inquiète, je vais te retrouver. Je sais que tu es de La Paillade. Je vais te tuer », l’aurait menacée la plus jeune des deux. Des menaces de mort qu’elle a réfutées avec aplomb à l’audience du tribunal judiciaire. Comme elle avait d’ailleurs certifié en garde à vue qu’elle ne connaissait pas la victime et qu’elle ne se rendait jamais à ce supermarché Aldi.

La carte bancaire a parlé

Sauf que les investigations ont établi que la carte bancaire utilisait ce jour-là était celle de son père. Alors, à la barre du tribunal, elle a été contrainte de revenir sur sa version. « C’est elle qui nous a agressées en nous disant qu’on faisait des chèques en bois. Elle a frappé ma mère avec une barre en fer alors qu’elle était enceinte. Je me suis interposée. Elle m’a tiré les cheveux alors je me suis défendue. Moi, je suis gitane, si je prends des coups, je les rends. Je ne vais pas pleurer à la police. »

Elle a, depuis, une phobie sociale et a peur des représailles

Passée à tabac, la victime s’en sort avec vingt et un jours d’ITT dus à des entorses cervicales, des douleurs thoraciques, des côtes cassées et un important traumatisme psychologique. « C’est bien simple, ma cliente a, depuis, une phobie sociale. Et craint des représailles, à l’instar des deux autres caissières qui l’assistaient ce jour-là et qui ont eu peur de déposer plainte. Peu de temps après cette agression, elle a même été licenciée pour inaptitude », a expliqué à l’audience son avocate.

Et Maître Bachir Belkaid, pour la défense, de parler quant à lui de « dossier malaisant. Car vous n’êtes pas sans savoir que gitans et minorités visibles font l’objet de contrôles incessants sans raison. Ça ne justifie pas des violences, certes, mais ça peut expliquer un certain agacement. Ça, c’est une certitude. »

Une épée de Damoclès au-dessus de la tête

Primo-délinquantes, avec respectivement zéro et une mention au casier judiciaire datant de 2002 (vol avec violences), fille et mère ont été reconnues coupables. En répression, elles ont été condamnées à huit mois de prison intégralement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve durant deux ans soumis à obligations de soins et d’indemnisation.

Elles ont aussi interdiction d’entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile ainsi qu’au Aldi de Saint-Jean-de-Védas. Le tribunal a également prononcé à leur encontre la privation du droit d’éligibilité et le fait de pouvoir détenir une arme durant trois ans. Avant de renvoyer sur intérêt civil.