Jugé le 19 mai dernier pour « vol en réunion », Enzo Philip avait avoué, penaud, avoir dérobé la caisse de la Fête de la rose, en septembre 2024. Une mallette contenant 1 500 euros : soit la recette de l’événement politique et festif fréquenté par 700 personnes à la Friche, en présence du maire de Marseille, Benoît Payan et de diverses personnalités de gauche.
Dans ce dossier rocambolesque et révélateur des tensions internes qui agitent le PS local, l’ancien référent des jeunes socialistes (ex-MJS) et toujours membre du bureau national, Enzo Philip, a finalement été condamné à une peine de 1 500 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, par le tribunal correctionnel de Marseille.
Renvoyé à ses côtés pour avoir transporté la caisse jusqu’à la mairie des 2e-3e détenue par Anthony Krehmeier, avant qu’elle ne soit récupérée par l’instigateur du vol, un fonctionnaire municipal a en revanche bénéficié de la relaxe plaidée par son avocat, Me Giletta. Ce dernier, également conseil d’Enzo Philip, n’a pas encore décidé d’un éventuel appel.
La raison du larcin commis par Enzo Philip, ancien référent des jeunes socialistes (ex-MJS) et toujours membre du bureau national ? « L’été d’avant, 20 membres des jeunes socialistes s’étaient rendus à Blois pour les universités du parti. Mais malgré nos demandes, le remboursement du déplacement n’a jamais été effectué. J’ai pris la caisse pour mettre la pression. Je n’ai jamais eu l’intention de garder l’argent », s’était-il justifié devant des magistrats interloqués, mais sans le PS en partie civile.
Une affaire « gênante »
La formation politique expliquant ce désistement, non sans embarras, par le fait que le « braqueur » avait fini par rendre l’argent « pris en otage », selon l’expression du président. « Le PS nous a dit qu’il préférait régler ça en interne alors que les policiers ont tout fait pour élucider cette affaire. On peut comprendre qu’elle est gênante pour eux et certains élus de la cité phocéenne. Les explications données aujourd’hui sont fumeuses. Qu’essaye-t-on de nous cacher ? », s’était offusquée la procureure Audrey Jouaneton, avant de citer Shakespeare : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. »